Workaholic : comment prévenir l’addiction au travail ?
Car être accro au travail n'est pas du tout bon pour la santé !

Vous avez la réputation d’un « bourreau de travail » qui ne compte pas ses heures ? Vous appartenez peut-être à la catégorie des workaholics… et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle !
Qu’est-ce que le workaholism ?
Ce terme est né de la contraction de work (travail) et alcoholism (alcoolisme). Inventé par le psychologue Wayne Oates en 1968, le workaholism (ou ergomanie) désigne l’addiction au travail chez une personne. Si elle n’est pas reconnue comme une maladie professionnelle dans notre pays, ses conséquences ne sont pas à prendre à la légère. Car le workaholic ne se contente pas de faire quelques heures sup’. Son rapport au travail est totalement compulsif et excessif, au point de mettre en péril sa santé et son équilibre vie pro-vie perso.
Peu d’études ont été menées sur le sujet dans notre pays. Les chercheurs qui ont mené la dernière étude en date, relayée par le journal espagnol El País, ont conclu qu’environ 15% des salariés seraient accros au travail.
Comment savoir si on est workaholic ?
L’addiction au travail est souvent sous-estimée par les employés qui en souffrent. D’autant que le comportement des workaholics a tendance à être valorisé par l’entreprise et la société en général. Une personne qui se dévoue corps et âme pour son travail sera en général bien vue, voire citée en exemple par sa hiérarchie. Or il y a une différence entre un fort engagement professionnel et une addiction au travail…
Les chercheurs distinguent deux composantes dans la dépendance au travail. La première est comportementale (la personne travaille beaucoup) la seconde psychologique (l’incapacité à déconnecter du travail). C’est lorsque ces deux facteurs se combinent qu’il y a des conséquences nocives sur la santé physique et psychique du travailleur.
Voici quelques signes permettant de déceler une dépendance au travail :
- Un engagement extrême, au détriment de la vie extra-professionnelle du salarié
- La difficulté à déléguer des tâches et à demander de l’aide
- Une forte productivité, ou, au contraire, un faible rendement (car l'employé passe trop de temps sur ses dossiers)
- Une irritabilité nouvelle
- Le travail n’apporte plus aucune satisfaction
- La volonté d’être toujours présent (le workaholic rechigne à poser des congés ou à se mettre en arrêt par exemple)
- L’isolement vis-à-vis des collègues, famille et amis
- Une obsession pour la performance et les résultats
- L’impossibilité de se détendre et de déconnecter du travail (y compris en vacances)
- Un haut niveau de stress lié à l’activité professionnelle
Bon à savoir : des tests permettent d’évaluer le risque d’addiction au travail, tels que le WART (Work Addiction Risk) ou le WorkBAT (Workaholism Battery).
Quels sont les causes de l’addiction au travail ?
Le workaholisme résulte de facteurs de risques psycho-sociaux qui se croisent souvent entre eux :
- L’hyperconnexion : à mettre en corrélation avec l’essor des nouvelles technologies, qui brouillent la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.
- Une charge de travail trop conséquente : elle peut pousser le salarié à travailler de plus en plus chaque semaine pour accroître sa productivité.
- La pression externe : elle peut provenir de la hiérarchie mais aussi de l’équipe ou des clients. Surtout lorsque la culture du présentéisme et le culte de la performance sont très prégnants dans l'entreprise.
- Des problèmes personnels : le travail peut servir d’échappatoire aux salariés confrontés à des problèmes personnels. Il peut s’agir d’une nouvelle séparation ou d’un divorce, d’un deuil, de problèmes de famille, de troubles de l’estime de soi…
Bon à savoir : les professionnels en contact avec le public seraient plus à risque de devenir workaholics, selon une étude publiée en 2015.
Quelles sont les conséquences du workaholisme ?
La dépendance au travail peut avoir, à terme, des conséquences graves sur la santé et la qualité de vie des travailleurs : épuisement professionnel, burnout, dépression voire suicide… Le workaholisme a des effets particulièrement délétères, tant sur le plan physique que psychique.
Sur le plan psychologique :
- Sautes d’humeur, changement de personnalité
- Difficultés relationnelles (avec sa famille, ses amis, ses collègues…)
- Épisodes d’anxiété aigüe et stress élevé
- Insatisfaction permanente
- Dépression
- Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
- Augmentation du tabagisme ou de la consommation d’alcool
- Comportement à risques
Sur le plan physique :
- Hypertension
- Troubles cardiaques
- Fatigue permanente voire épuisement
- Maux de têtes fréquents
- Burnout lié au surmenage
- Problèmes musculaires, douleurs intestinales
- Décès (dû à un infarctus, un AVC, un suicide…)
Comment prévenir le workaholisme ?
Quelques bons réflexes vous éviteront de basculer dans la dépendance au travail :
- Identifier le problème sous-jacent : l’addiction au travail n’est que le symptôme d’un mal-être plus profond. Le workaholisme peut être lié à l’anxiété, à la peur du rejet, au besoin d’approbation… Une auto-analyse vous aidera à identifier les facteurs de risques avant que la situation dérape.
- Se fixer des limites : pas de travail le soir et le week-end, par exemple.
- Dresser la liste de ses priorités extra-professionnelles : les avoir bien en tête vous aidera à ne pas perdre de vue vos objectifs et engagements personnels.
- Prendre du recul : faites des pauses régulières et ménagez-vous des sas de décompression chaque semaine (séance de sport, lecture, cuisine…toute activité qui vous apporte satisfaction est bonne à prendre). Si ces plages de détente ne suffisent pas, il est temps de planifier vos nouvelles vacances !
Vous pensez être d’ores et déjà accro au travail ? Il est essentiel de sortir de l’isolement en sollicitant l’aide d’un professionnel de santé. Après avoir établi son diagnostic, il recommandera le plus souvent au travailleur de suivre une thérapie cognitive et comportementale.
Bon à savoir : les psychologues sont soumis à la confidentialité, même en entreprise.
Quel est le rôle de l’employeur ?
L’employeur a sa part de responsabilité en cas d’addiction au travail d’un ou plusieurs salariés. Dans notre pays, le droit à la déconnexion est inscrit dans la loi depuis 2016. L’article L.2242-17, 7°, du Code du travail français oblige ainsi l’entreprise à mettre en place « des dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques, en vue d'assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale » des travailleurs.
L’employeur peut limiter les risques d’addiction au travail de plusieurs manières :
- L’organisation de formations et de sensibilisation auprès des cadres et managers
- La mise en place de mesures de prévention, comme la définition de plages de déconnexion
- L’interdiction d’utiliser les outils professionnels ou même le blocage de certains logiciels en dehors des horaires de travail
Comment gérer un collègue workaholic ?
Si l’excès de zèle du workaholic ne gêne pas ses supérieurs, il a souvent tendance à hérisser les autres employés. D’autant que les workaholics peuvent se montrer intrusifs, contrôlants voire méprisants envers ceux qui ne donnent pas corps et âme au travail. Plutôt que de questionner leur propre comportement, ils sont enclins à remettre en question l’engagement et la productivité des autres salariés.
Vous travaillez avec un workaholic ? Même si la situation vous frustre, essayez de rester positif et constructif dans vos échanges avec lui. Rappelez-lui qu’il y a une vie après le travail et que sa dépendance lui cause plus de tort que de bien. A vous d’établir des limites claires entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ce rappel l’aidera à prendre conscience de ses troubles, ainsi que des effets du workaholisme sur sa santé. Pour, à terme, trouver un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso !
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