Travailler moins mais mieux, un phénomène qui séduit jusqu'au Japon
La filiale japonaise de Microsoft a testé la semaine de quatre jours et constaté une hausse de la productivité des salariés. D'autres initiatives germent ici et là comme en Allemagne où une start-up a mis en place la semaine de 25h. Mais généraliser de telles organisations pourraient finir par fragiliser les salariés. Explications.

La filiale japonaise de Microsoft a récemment testé une réduction du temps de travail de ses salariés. Depuis août dernier, les bureaux de l'entreprise ferment chaque vendredi, accordant un jour de repos hebdomadaire supplémentaire à ses 2 300 employés. Pour gagner du temps, la filiale du géant informatique a également limité les réunions de travail à 30 minutes et à cinq participants maximum. Elle a aussi encouragé les échanges instantanés en ligne plutôt que des rendez-vous physiques ou des courriels.
Le résultat est sans appel : la journée de quatre jours a fait bondir la productivité des salariés de 39,9 % en août. La consommation d'électricité a, elle, reculé de 23,1 % et celle des impressions papier de 58,7 %. Impressionnant. Mais ces chiffres sont toutefois à relativiser : si le Japon est connu pour ses heures à rallonge - là-bas on parle de "karoshi" pour désigner la mort par épuisement au travail - il est en revanche très mal placé dans les classements de l'OCDE sur la productivité.
"Le travail n'est pas un lieu, ni une durée"
En Allemagne, aussi, une entreprise a récemment communiqué sur sa semaine de 25 heures. Au sein de la start-up Rheingans Digital Enabler, la journée de travail commence entre 7h55 et 8h15 pour se terminer complètement à 13h45. Une fois que les mots "High5" et "Feierabend" (heure de fermeture) s'affichent sur un panneau, les salariés savent qu'il est temps de rentrer chez eux. Pour le patron de l'entreprise, Lasse Rheingans, ces journées de 5h doivent permettre de mieux concilier vie pro et vie perso. Pour assurer cette baisse du temps de présence, les discussions autour de la machine à café sont découragées, les réseaux sociaux bannis, les téléphones portable restent dans les sacs, les messageries électroniques ne sont consultées que deux fois par jour et les réunions ne durent pas plus de 15 minutes. Pour le patron, dans de nombreuses entreprises les salariés sont "assis au bureau, sans énergie, à lire des journaux en ligne ou sur Facebook, simplement en quête de petites pauses pour recharger, mais vous ne rechargez pas vraiment. Mon idée est de se concentrer sur les cinq premières heures puis simplement partir, et avoir un vrai temps pour soi".
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Les journées sont donc plus courtes et plus intenses mais la durée passée au bureau importe peu, selon le dirigeant. Pour lui, en cas de rush ou d'imprévu, "la question n’est pas de travailler cinq heures. C’est un sujet de maturité individuelle" et "le travail n’est pas un lieu, ni une durée. C’est une activité".
Travailler moins pour être plus productif : le rêve des patrons ?
Que font les salariés qui travaillent moins ? L'assistant du chef d'entreprise allemand a, lui, décidé de prendre un autre travail, à temps partiel, le week-end... La semaine de 25h, équivalente à 40h de productivité, pourrait ainsi faire le bonheur des patrons. Dans un contexte où les salaires sont tirés vers le bas, la réduction du temps de travail au nom de l'équilibre vie pro - vie perso pourrait surtout servir à embaucher des employés moins bien payés mais qui travaillent toujours plus. Avec l'illusion que c'est leur choix.
C'est le schéma des slashers. Dans les médias, on présente le plus souvent ces salariés qui jonglent entre plusieurs métier par envie. Des boulimiques du travail qui ont différentes casquettes : community manager deux jour par semaine, photographe en freelance le week-end et DJ-barman quelques soirs selon l'envie ou le besoin. C'est oublier tous ceux qui, déjà aujourd'hui, enchaînent des petits boulots bien moins glamour par obligation. Quelle qu'en soit la raison, il se dessine une réalité derrière : la fin des carrières linéaires, du même métier à vie, et l'envie par tous de davantage de flexibilité dans sa vie professionnelle. Juste après avoir mis un pied dans le monde du travail, les jeunes diplômés songent aussitôt à se reconvertir, les à-peine quarantenaires se voient déjà à la retraite ou rêvent d'une année sabbatique à faire des petits boulots à l'étranger. Mais de moins en moins de personnes songent à monter les échelons. Aujourd'hui, l'important est de s'amuser, de vivre des expériences. Le travail en est une parmi d'autres.
(Getty images /HAKINMHAN)
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