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Être bien au travail

Surveillance des salariés en télétravail, la CNIL tire la sonnette d'alarme

Par Hugo Diverres • Publié le

Le développement du télétravail a favorisé l’émergence et la mise en place de technologies de surveillance de la part des employeurs. Dans son dernier rapport, la CNIL met en garde les entreprises contre certaines dérives.

Surveillance des salariés en télétravail, la CNIL tire la sonnette d'alarme

Les violations des données des salariés par les entreprises ont connu une hausse de 80% en 2021 ! C’est le résultat du dernier rapport de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), révélé le 11 mai dernier.

Hausse des plaintes pour surveillance abusive

La surveillance des salariés est ainsi devenue le troisième motif de plaintes sur les 14 000 signalements reçus par la CNIL, derrière ceux concernant les sites internet et les pratiques commerciales. Après l'explosion du télétravail en 2020 à la suite du confinement et les tâtonnements du début, les entreprises ont sans doute commis des erreurs en voulant maladroitement introduire une forme de contrôle en 2021... De quoi imaginer une baisse du nombre de signalements dans les années à venir ?

Si la surveillance vidéo arrive largement en tête des griefs contre les entreprises (83%), les logiciels enregistreurs de frappe, de lecture de mail, de récupération d’historique ou encore de capture d’écran à distance sont également concernés. Dans son rapport, l’instance de contrôle précise qu’une grande partie de ces plaintes “visent des entreprises de taille réduite qui ne disposent ni d’un service juridique ni du soutien d’un délégué à la protection des données”. La CNIL se contente alors souvent de les informer pour les mettre en conformité et si cela ne suffit pas, des contrôles sont menés qui peuvent donner lieu à des mises en demeure ou des sanctions.

Certes, un employeur est parfaitement dans son droit lorsqu’il contrôle l’activité de son salarié… Mais ce dernier a également droit au respect de sa vie privée ! En d’autres termes, une entreprise ne peut pas surveiller ses salariés en permanence ni les forcer à allumer leur webcam toute la journée ou pendant les visios (oui, c’est interdit !). Le code du travail et la CNIL autorisent les solutions de surveillance des salariés à distance, dans la mesure où il s’agit d’une surveillance « proportionnée » et où le salarié en est informé.

Bientôt tous surveillés ?

Sans forcément avoir recours à des logiciels espions illégaux, certaines méthodes de surveillance mises en place par les entreprises posent question, comme l’analyse du temps de pause ou des cadences de réponses au mail. Le diable se niche parfois dans les détails, à l’image de Microsoft devant renoncer à son « score de productivité » lancé fin 2020, qui mesurait le temps passé par chaque collaborateur sur les outils de la suite Office. Se défendant de vouloir aider les entreprises à fliquer leurs salariés, la marque américaine a finalement fait marche arrière.

La demande de la part des employeurs pour les technologies de surveillance est en tout cas réelle. Selon une étude de Vanson Bourne pour l’éditeur de logiciels Vmware parue l’année dernière, 63% des entreprises françaises prévoyaient d’adopter ou avaient déjà adopté des outils pour renforcer le contrôle sur les salariés. Des outils aussi divers et variés que des logiciels de surveillance de mails (37 %), de la navigation sur Internet (36 %) ou des outils de collaboration (45 %), des systèmes de vidéosurveillance (24 %), des webcams dotées de technologies de suivi du regard (25 %) ou des logiciels d’enregistrement de frappes au clavier (20 %).

Selon cette même étude, ¾ des salariés français reconnaissent d’ailleurs que le télétravail a poussé leurs employeurs à mettre davantage l’accent sur leurs performances, en lieu et place du nombre d’heures passées en présentiel. En conséquence, ces derniers ont donc mis en place de nouveaux indicateurs de performance et une petite révolution managériale est d'ores et déjà à l'œuvre dans certaines entreprises.

Une transition et un changement de modèle validés par les salariés, puisque près de 6 sur 10 acceptent l’idée que leurs organisations mettent en place de nouvelles solutions pour superviser leur productivité. Néanmoins, un équilibre entre supervision et surveillance reste encore parfois à trouver, tant la frontière entre les deux est mince et certains dérapages persistent… De nombreux managers et entreprises l'ont bien compris et se sont déjà adaptés à ces nouvelles réalités en mettant la transparence au cœur de leurs méthodes !

Crédits photo : aleutie/stock.adobe.com

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