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Être bien au travail

Télétravail, la fin de l'âge d'or ? La croisade des entreprises US pour le retour au bureau

Par Hugo Diverres • Publié le

Le télétravail est-il un héritage du Covid appelé à durer ? Oui, mais point trop n’en faut.

Télétravail, la fin de l'âge d'or ? La croisade des entreprises US pour le retour au bureau

Entre la politique du « tout le monde travaille d’où il veut » et celle du « tout le monde revient au bureau sous peine de sanctions », il ne s’est pourtant écoulé que trois petites années. Aux Etats-Unis, l’âge d’or du télétravail semble révolue et a maintenant cédé la place à l’ère du Return To Office (RTO).

Les pionniers du distanciel battent le rappel des troupes

Covid, pandémie, confinements… Qui ne se souvient pas de cette merveilleuse année 2020 ? Pour continuer leur activité durant cette période, fortement encouragées par les gouvernements, les entreprises en capacité de le faire optèrent massivement pour le travail à domicile : le télétravail. Quelques semaines durant, la majorité des salariés de bureau vont alors exécuter leurs tâches depuis chez eux et, malgré certaines problématiques nouvelles pour les salariés comme les entreprises, le travail continuera bon gré mal gré entre deux « apéros Zoom » … C’était donc possible !

Quelques mois plus tard, la fin définitive des confinements (on touche du bois) et le retour à la vie normale ne signifient pas pour autant un retour à la vie d’avant : le télétravail survit. Tout le monde s’y est habitué et beaucoup y ont pris goût. Un jour, deux jours, trois jours par semaine… et dans certaines entreprises, la possibilité d’être à 100% en télétravail. C’est notamment le cas des entreprises de la Tech, aux Etats-Unis ou ailleurs. Car la faisabilité d’une telle organisation est plus simple pour elles, mais aussi dans l’espoir d’attirer les meilleurs profils - ou de les retenir - dans le cadre d’une forte concurrence sur le marché de l’emploi pour certains métiers (ingénieurs, développeurs, etc.).

Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Merci le Covid pour le pas de géant en termes de flexibilité ? Pas si simple. Trois ans plus tard, les mêmes entreprises à avoir fait du télétravail un argument de recrutement sont de plus en plus nombreuses à faire machine arrière. La volte-face est massive de l’autre côté de l’Atlantique : Disney, X (ex-Twitter), Google, Amazon, JP Morgan, Microsoft, Meta et même … Zoom, l’une des références de la visio-conférence et véritable symbole de la démocratisation du télétravail.

Mais qui veut la peau du télétravail ?

L’héritage est consommé. Le contexte économique a changé certes, et les recrutements tous azimuts ont laissé place à des licenciements économiques de grande ampleur, mais d’autres arguments sont avancés pour initier un retour au bureau en présentiel. Pour le patron de Disney, Bob Iger, c’est la créativité qu’on assassine lorsque les salariés ne peuvent plus se voir en face-à-face. Selon James Dyson, fondateur de l’entreprise éponyme, le travail à distance nuit à l’efficacité, diminue la productivité globale d’une entreprise et entrave l’innovation. Plus ou moins le même son de cloche du côté de l’inénarrable Elon Musk, qui estime que le télétravail est un frein à l’excellence. Jamie Dimon quant à lui, PDG de la banque JP Morgan, estime que l’absence des cadres en présentiel ralentit les prises de décision, met en cause la pérennité de la culture d’entreprise et empêche les jeunes recrues d’apprendre et de se fondre dans le collectif.

Malgré le caractère excessif de certains discours, ces arguments ne peuvent pas être balayés d’un revers de main et ne manqueront sans doute pas de piquant aux yeux des pratiquants du full remote, à savoir ceux qui sont en télétravail à 100%. Car dans les entreprises comme Meta ou Zoom, c’est bien l’absence totale des salariés qui est remis en cause. Il ne s’agit pas tant d’interdire la pratique du télétravail que d’exiger des salariés qu’ils soient physiquement présents au bureau un nombre minimum de jours par semaine : deux jours chez Wallmart, trois chez Amazon ou Starbucks, quatre chez Disney et cinq chez JPMorgan.

On parle ici de travail hybride et vu de France, cela parait normal. Rares sont en effet les entreprises hexagonales à avoir accordé la liberté totale en matière de présence au bureau comme ce fut le cas aux Etats-Unis. Le retour de bâton de ce côté de l’Atlantique s’annonce donc moins rude pour les amateurs du bureau à la maison, les entreprises étant tout simplement allées moins loin. Prudence est mère de sûreté. En 2021, selon l’INSEE, seuls 22% des salariés français pratiquaient le télétravail au moins une fois par semaine quand près de la moitié exerçait un emploi non télétravaillable. D’après une enquête de JLL France, le nombre moyen de jours de télétravail s’élevait en 2022 à 3,6 pour ceux qui le pratiquaient, contre 1,6 en 2019. Une autre étude plus récente, pour IFO et Econpol Europe, estimait que les Français télétravaillent en moyenne 0,6 jours par semaine contre 0,9 dans le reste des pays industrialisés (1,5 au Royaume-Uni ou 1,7 au Canada). Des moyennes qui varient mais un état de fait similaire : le recours au télétravail est moins massif en France qu’ailleurs, dans les pays anglosaxons notamment. Reste que le travail hybride a fait florès et la SNCF ou la RATP sont formelles, les transports en commun connaissent un pic de fréquentation le mardi quand le vendredi est plus calme que jamais. Même si là aussi, ça ne concerne pas tous les travailleurs.

Entre bâton et carotte, les nouveaux appâts du retour au bureau

Du côté des entreprises américaines, surtout celles ayant poussé le curseur un peu trop loin en matière de travail à distance, il s’agit maintenant de (re)créer le désir de se rendre au bureau. Une tendance baptisée RTO par la presse, pour return to office. Or, faire revenir des milliers de salariés sur leur lieu de travail est loin d’être une chose aisée, comme en témoigne la grève qui a secoué Amazon en mai dernier et la pétition contre le RTO signée par 20 000 salariés. Nombre d’entre eux ont en effet profité du télétravail pour déménager loin des grandes villes, persuadés que le présentiel était mort et enterré. Le réveil est rude pour certains employés, d’autant plus lorsque ces mêmes entreprises se sont publiquement félicitées d’une hausse de la productivité due au télétravail les années précédentes…

Chez Google, on manie la carotte et le bâton tout à la fois : d’un côté, on offre des trottinettes électriques à ceux qui reviennent, de l’autre, on menace d’examiner les badges électroniques pour savoir qui est là ou non et de répercuter ces données sur les évaluations de performance… et donc sur les niveaux de primes. L’argent semble aussi être le nerf de la guerre chez la branche britannique de la banque Citi - qui ne se cache pas d’espionner ses salariés en télétravail - puisqu’elle a décidé de supprimer les primes de ceux qui ne se rendent pas sur place au moins trois jours par semaine. Chez Saleforces, on mise plutôt sur la solidarité : pour chaque salarié revenant au bureau, l’entreprise s’engage à donner dix dollars par jour à une association caritative de leur choix, pendant dix jours.

Pour faire revenir les salariés, tous les moyens sont bons désormais : bar, barbecue, repas offert… Chez Meta en revanche, on ne s’embarrasse plus de carottes. En dernier recours, pour ceux qui refusent de revenir au bureau, le licenciement est clairement évoqué ! La fin d’une époque.

Crédits photo : comzeal/stock.adobe.com

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