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Être bien au travail

La sieste au travail va-t-elle connaître son heure de gloire à cause des canicules ?

Par Stéphanie Davalo • Publié le

Au bureau, à l'atelier ou à la maison, la sieste ne fait pas l'unanimité. Sera-t-elle bientôt indispensable ?

La sieste au travail va-t-elle connaître son heure de gloire à cause des canicules ?

Il y a ceux qui n'y arrivent pas, parce qu'ils l'assimilent à une perte de temps. Ceux qui ne l'envisagent qu'en mode extrême, dévorant une grande partie de leur après-midi, et les adeptes de la méthode Dali. Ceux qui ont besoin d'obscurité, ceux qui ont peur de ronfler (ou pire), ceux qui ont besoin de s'allonger, d'être dans le silence... et les experts, capables de s'endormir partout et en toutes circonstances.

Des paramètres suffisamment nombreux et personnels, qui viennent s'ajouter aux influences culturelles, et qui montrent bien à quel point la sieste séduit certains autant qu'elle en rebute d'autres, surtout sur le lieu de travail. Pas d'unanimité en France, où le rythme de travail reste assez différent de celui de nos collègues espagnols, pourtant tout proches.

La jornada partida, meilleure amie des siesteurs ?

Au-delà des Pyrénées, la jornada partida, la journée divisée, permet aux travailleurs de se mettre en pause le temps de laisser couler les heures les plus chaudes de la journée... pour attaquer ensuite une deuxième session, décalée par rapport à nos horaires traditionnels français. Wired, qui se base sur une étude de 2010, nous apprend ainsi que 30% de salariés espagnols finissent à 19h et 10%, à 21h.

Mais l'idée d'une pause plus longue, assortie d'une sieste, intrigue désormais en dehors des frontières espagnoles. En Allemagne, Carsten Burckhardt, un syndicaliste des secteurs de la construction, de l'agriculture et de l'environnement s'y intéresse et se dit inquiet du réchauffement climatique et de l'augmentation du nombre de journées caniculaires : "Nous devons réellement considérer les siestes comme une solution pour soulager les travailleurs."

Dans un article du Monde, où l'on apprend que 85% des mammifères pratiquent la sieste, le spécialiste du sommeil Eric Mullens rappelle que la sieste n'est pas une simple pratique des pays du sud : " En réalité la sieste n'est pas culturelle, elle est naturelle. C'est nous qui en faisons quelque chose de culturel. " En 2015, une équipe de chercheurs français a montré que la sieste réduit le stress, avec des conséquences positives sur le système immunitaire. Mais malgré ces bienfaits, seuls 32% des adultes déclarent faire une sieste en semaine (chiffres Institut du sommeil et de la vigilance).

Les limites d'un modèle

Une précision semble utile  : la jornada partida ne serait pas vraiment une façon de s'adapter aux températures espagnoles, mais plutôt, comme le précise Marta Junqué qui coordonne Time Use Barcelona, le résultat des années de franquisme durant lesquelles les Espagnols avaient besoin de deux jobs pour s'en sortir : un le matin, un autre l'après-midi. Reste à indiquer que Time Use Barcelona est une association qui milite contre la jornada partida, arguant notamment que les travailleurs n'ont pas tous la possibilité de profiter de cette longue pause déjeuner à leur domicile.

Et ce modèle d'organisation, facilitateur de sieste, est aussi à confronté à d'autres réalités pratiques, comme le rappelle Marta Junqé : synchronisation avec les horaires des écoles, question du salaire de ces journées décalées ou de savoir qui travaillera effectivement plus longtemps...

Tant pis pour la sieste !

Commencer plus tôt et finir plus tôt

En France, les entreprises du BTP ont été nombreuses à faire venir leurs salariés plus tôt pour éviter les pires heures des journées caniculaires de cet été 2022. Quitte à faire une journée continue pour rentrer chez soi dès le début de l'après-midi. Ailleurs, des pays qui ne s'étaient pas posé la question d'avoir à réorganiser le travail à cause du réchauffement climatique commencent à y réfléchir sérieusement.

Coups de chaleur ou coups de soleil, dangerosité du matériel brûlant... les travailleurs du BTP qui œuvrent à l'extérieur sont en effet exposés à différents dangers. Le code du travail appliqué par les entreprises françaises ne prévoit pas d'aménagement spécifique lié à la canicule, mais les employeurs restent tenus d'assurer la sécurité de leurs salariés. Cette année, le ministère du Travail a d'ailleurs fait des recommandations dans ce sens : aménagement d'horaires, eau potable à proximité et pour les travailleurs en extérieur, trois litres d'eau par jour et un local permettant leur accueil dans de bonnes conditions.

Crédit photo : NanaB - stock.adobe.com

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