Aller au contenu principal
Suivre l'actu de l'emploi

Comment trouvait-on un job dans le passé ? Les dates clés

Par Laura Lamassourre • Publié le

Petite histoire du recrutement du 15e siècle à nos jours !

Comment trouvait-on un job dans le passé ? Les dates clés
Au XIXe siècle, les ouvrier pouvaient se rendre dans les bourses du travail ou "Maisons du peuple" pour trouver un emploi. © Emilio Ereza@stock.adobe.com

Il faudrait bien plus qu'un article pour résumer l'histoire du travail et du recrutement depuis les prémices de l'Humanité. Avant de travailler pour l'autre, on travaillait pour soi-même. Puis, nombre de siècles ont été marqués par la servilité. S'en sont suivi des années de luttes sociales pour les droits des travailleurs, toujours d'actualité. Morceau choisi de quelques grandes dates qui ont marqué la recherche de travail en Occident :

1482 

C’est bien à la Renaissance qu’aurait été enregistré le tout premier CV de l’histoire. Son auteur ? Le fameux Léonard de Vinci. Ce dernier proposait sa candidature à un poste d’ingénieur militaire auprès de Ludovic Sforza, le futur duc de Milan. Depuis, ce document a largement évolué, en particulier au XXe siècle, avec la popularisation de la presse écrite et par conséquent des offres d’emploi.

Dans les années 1930, le CV est encore une formalité. Vingt ans plus tard, il devient exigé et dès les années 1960, inclut les hobbies des candidats. Dès les années 1980, le CV est rédigé via le traitement de texte puis diffusé par courriel dans les années 1990. Depuis 30 ans, le curriculum vitæ a suivi les évolutions technologiques et sociétales : CV interactif, vidéo, personnalisation graphique, savoir-être, etc.  

1628 ou 1629 

Théophraste Renaudot, journaliste, médecin et philanthrope français, alors conseiller de Richelieu, ouvre un « bureau d’adresses » sur l’île de la Cité, à Paris. Cet ancêtre de France Travail accueillait les offres et les demandes d’emplois afin de lutter contre la pauvreté et le vagabondage, sans le concours de l’Eglise, de la charité traditionnelle et des « solutions » d’enfermement. En 1633, une ordonnance contraint tous les sans-emplois à s’y inscrire. 

1633 

Le même Théophraste Renaudot crée la Feuille du bureau d’adresses, le premier journal d’annonces français. Pour 3 sous, on pouvait y faire figurer des propositions de vente, de location ou de service... et donc des offres/demandes d’emploi ! 

Années 1840 

Le développement de la presse et des grands journaux voit l’apparition d’offres d’emploi similaires à notre vision contemporaine *. Le Figaro, fondé en 1826, est l’un des plus anciens périodiques de la presse française encore publié. On y trouve des offres d’emploi, en très petit nombre, dès les années 1840. 

De quelques offres par journaux, à la recherche d’ouvriers ou de personnel, on passe à des dizaines en quelques décennies, avec même, dans les années 1910, les premières différenciations typographiques des annonces. Dans les années 1920-1930, les offres se diversifient et sont progressivement catégorisées. Juste avant la Seconde Guerre mondiale, les femmes entrent en plus grand nombre sur le marché du travail entrainant une nouvelle diversification des offres. Dans les années 1950 et la progression du chômage, les ingénieurs et cadres y sont aussi recherchés. Dix ans plus tard, les journaux deviennent le principal canal de recrutement en France. 

Extrait de : "Des petites aux grandes annonces : le marché des offres d'emploi depuis 1960", Emmanuelle Marchal et Didier Torny © Dares

1857 

Le décret du 16 juin 1857 réglemente les bureaux de placements, lieux où l’on venait chercher du travail au XIXe et au début du XXe siècle. A Paris, en 1900, on comptait environ 300 bureaux autorisés. En 1878, la loi du travail définit qu’après une visite médicale, les postulant devaient s’acquitter de 5 francs de frais d’inscriptions. 

1887 

Fondation de la première « bourse du travail » à Paris. Ces bureaux de placement des ouvriers étaient mis à disposition des syndicats par certaines grandes municipalités françaises, sans obligation légale. On les appelait également « Maisons du peuple » ou « Maisons des travailleurs ». Elles connaissent leur apogée avant la Première Guerre mondiale, avant de disparaître progressivement au profit des unions départementales. Les services que les bourses proposaient sont également transférés vers les municipalités ou l’Etat (secours du chômage, cours professionnels, placement gratuit). 

1905 

L'année durant laquelle la Comptometer Corporation met en place des écoles de mécanographes ** aux Etats-Unis et fournit, en parallèle, un service de placement pour l’embauche permanente ou temporaire de ses apprenants. Dans les décennies suivantes, les prémices de l’intérim se développent outre-Atlantique et notamment dans le secteur industriel via les dockers, dès les années 1920. La décennie suivante consacre l’ouverture du travail temporaire aux femmes, pour des missions de dactylographie ou de secrétariat.  

En Europe, la diffusion de l’intérim via le Royaume-Uni divise les historiens ***. Le travail temporaire atteint la France autour des années 1920, de manière très limitée, afin de fournir une main d’œuvre spécialisée.  

1946 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, aux Etats-Unis, les entreprises manquent de cadres supérieurs et de dirigeants. Sydney Boyden, consultant en stratégie et organisation chez Booz Allen, a l’idée de contacter directement des profils recherchés par une entreprise, quitte à les convaincre de changer de job. Le métier de chasseur de tête est né (executive search en VO).

Années 1950-1970 

Naissance du travail intérimaire français moderne sous l’impulsion de la société BIS. Entre 1956 et 1962, les entreprises de travail temporaire passent de 7 à 170 sur le territoire. A l’époque, aucune législation n’encadre leur création. Avec leur développement rapide, les abus aussi se multiplient dans un contexte de pénurie de main d’œuvre. Stigmatisées et perçues comme de « nouveaux marchands d’hommes » ***, les entreprises du secteur se développent tout de même rapidement et font d’ailleurs rapidement concurrence aux bureaux de placements gratuits. C’est dans ce contexte que l’ANPE est créée (voir ci-dessous). 

La loi 72-1 du 3 janvier 1972 est la première à légaliser et à encadrer le travail temporaire en France. Son objectif ? Etablir les bases des droits intérimaires en leur garantissant, notamment, l’égalité de traitement avec les salariés permanents en termes de salaire et de conditions de travail. 

1967 

L’année de la création de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) par Jacques Chirac, alors secrétaire d’Etat à l’Emploi au gouvernement Pompidou. En 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’ANPE fusionne avec le réseau des Assedic (Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) pour former le Pôle emploi, renommé France Travail, depuis le 1er janvier 2024.  

1992 

Lancement du premier site internet d’offres d’emplois aux Etats-Unis, The Online Career Center (OCC). Quelques années plus tard, des sites similaires investissent le web français et font rapidement de l’ombre au Minitel, sur lequel on pouvait trouver ce type de services depuis les années 1980.  

2000

Ouestjob, l’ancêtre d’hellowork.com est lancé ! En 2023, la plateforme Hellowork a diffusé 9,6 millions d'offres d'emploi pour 150 millions de visites annuelles.

Ouestjob.fr le 27 mai 2003, précisément ! © Wayback Machine - Internet Archive

2003-2004 

Lancement des premiers réseaux sociaux professionnels sur Internet. Leur arrivée bouscule les habitudes des candidats et des recruteurs. Les recrutements sont plus rapides, massifs et personnalisés, car tout comme le candidat, l’entreprise elle aussi peut faire valoir son attractivité via une identité numérique travaillée.

Demain 

Intelligence artificielle, chatbots, algorithmes de matching... Les entreprises disposent désormais de nombreux outils pour affiner leurs sélections. Des choix pas toujours prisés des candidats pour qui, technologie ou non, le but reste le même qu'il y a trois siècles : trouver un emploi et prouver ses compétences à un recruteur. L'arrêt de mort des bonnes vieilles offres d'emploi ? On n'y croit pas !

 

* Victoria Weidemann, À la recherche de l’emploi perdu : 180 ans d’annonces de recrutement, Des journaux de 1840 aux plateformes de 2024

** Selon la définition du Larousse : « Personne chargée de transcrire, en perforations, des données alphabétiques ou numériques sur des cartes spéciales. » 

*** Rachid Belkacem et Cathel Kornig, Le travail intérimaire : de ses origines à son institutionnalisation. Repenser le travail et ses régulations, édité par Christophe Lavialle, Presses universitaires François-Rabelais, 2011. 

 

Les sujets liés
Partager l’article
  • Facebook
  • X
  • Linkedin
Newsletter
Recevez par mail toute l’actu de l’emploi.
En cliquant sur « S’inscrire », vous acceptez les CGU et déclarez avoir pris connaissance de la politique de protection des données du site hellowork.com.

Préparez-vous à
décrocher votre job !

155 000

CV lus en moyenne chaque jour, soyez le prochain à être vu !

soyez visible auprès des recruteurs

Déposer mon CV

905 937

offres en ce moment, on vous envoie celles qui collent ?

soyez alerté rapidement

Créer mon alerte

Toutes les offres d’emploi

  • Paris
  • Lyon
  • Toulouse
  • Marseille
  • Nantes
  • Bordeaux
  • Lille
  • Strasbourg
  • Rennes
  • Montpellier
  • Nice
  • Aix-en-Provence
  • Dijon
  • Grenoble
  • Reims
  • Annecy
  • Angers
  • Metz
  • Tours
  • Nanterre
Voir les offres d’emploi par ville
Les sites
L'emploi
  • Offres d'emploi par métier
  • Offres d'emploi par ville
  • Offres d'emploi par entreprise
  • Offres d'emploi par mots clés
L'entreprise
  • Qui sommes-nous ?
  • On recrute
  • Accès client
Les apps
Application Android (nouvelle fenêtre) Application ios (nouvelle fenêtre)
Informations légales CGU Politique de confidentialité Gérer les traceurs Aide et contact
Nous suivre sur :