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Emplois, retraite... Que va faire la nouvelle ministre du Travail ?

Par Léo Ferté • Publié le

Au vue de ses prises de position antérieures, Astrid Panosyan-Bouvet est attendue au tournant, notamment au sujet de l'assurance-chômage.

Emplois, retraite... Que va faire la nouvelle ministre du Travail ?
Réforme de l'assurance chômage, retraites, bas salaires... Les dossiers urgents ne manquent pas. © pixarno

Ça y est, la passation de pouvoir a officiellement eu lieu sur le parvis du ministère du Travail, après l’annonce tant attendue du gouvernement Barnier. Longtemps pressentie à des fonctions dans l’exécutif, Astrid Panyosan-Bouvet prend donc les rênes d’un ministère clé, et va devoir apporter des réponses claires et rapides sur des sujets brûlants, tels que la réforme des retraites, celle de l’assurance chômage ou le combat contre les bas salaires. 

À ce stade, difficile de donner des prédictions certaines (le discours de politique générale n’a pas encore eu lieu, et les prises de parole se comptent sur les doigts d’une main), mais quelques indices liés au profil de cette macroniste des débuts et les récentes déclarations du Premier ministre permettent de dégager des orientations possibles en matière de réformes sociales et économiques :

 

Reprise du dialogue social ? 

L’ancienne socialiste à tendances libérales va devoir renouer le lien avec les partenaires sociaux, qui a pris du plomb dans l’aile, notamment depuis le passage au 49.3 de la réforme des retraites. Un traumatisme que tentera de faire oublier Astrid Panosyan-Bouvet, dont le mandat s’annonce plus propice au dialogue social. 

En effet, celle qui tweetait « Au travail et au Travail, dans le respect dans l’écoute » à l’annonce de sa nomination semble avoir une meilleure cote auprès des syndicats, comparé à son éphémère prédécesseure. Le président de la CFDT parle de « quelqu’un de connu qui sait travailler avec les partenaires sociaux. », et sa nomination a été accueillie par Cyril Chabanier (CFTC) comme « une bonne nouvelle pour le dialogue social »… Tout en émettant certaines réserves et interrogations quant à sa marge de manœuvre. 

La bonne réputation de l'ancienne députée sera-t-elle suffisante pour renouer avec les partenaires sociaux ? En tout cas, le premier Ministre Michel Barnier devrait les rencontrer prochainement, après avoir annoncé qu’il fallait « respecter et prendre en compte les partenaires sociaux » à son arrivée à Matignon. 

 

Assurance chômage : vers une annulation de la réforme ?

Les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi actuellement en vigueur arrivent à échéance le 31 octobre, après avoir été prolongées à trois reprises depuis le début de l’année. 

La nouvelle ministre va-t-elle relancer la réforme du précédent gouvernement ? Pas certain, et ce pour deux raisons. D’abord, augmenter la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits au chômage et réduire la durée d’indemnisation maximale serait probablement synonyme d’un nouveau bras de fer entre le gouvernement et les syndicats. Deuxièmement, parce que parmi les voix qui s’élevaient contre ce durcissement des conditions d’accès à l’assurance chômage, on retrouvait… la nouvelle ministre du Travail elle-même. 

En mars dernier, elle pointait notamment le fait que dans les pays qui appliquent des conditions plus dures d’indemnisations, de nombreux emplois restent non pourvus : il s’agissait donc pour elle de les «rendre attractifs […] et lever les freins centraux à l’emploi – formation, transport, logement, garde d’enfants…». L’ancienne socialiste, a priori davantage portée sur l’amélioration des conditions de travail, avait notamment été à l’initiative de “Travail en commun !”, un groupe de réflexion mené avec des députés LR et PS sur les «sur les grandes mutations du travail», et siégeait à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée (compétente, entre autres, sur les questions de l’emploi et de la formation professionnelle). 

Autre option : rouvrir le dialogue entre partenaires sociaux et reprendre les termes de la négociation “Pacte de la vie au travail”, sur lesquels s’étaient entendus organisations patronales et syndicats (FO, CFDT et CFTC) en novembre dernier. Des discussions qui n’avaient pas abouti après l’impossibilité d’un consensus sur l’emploi des seniors : leur reprise pourrait donc être plus que jamais d’actualité. 

 

L’épineux sujet des retraites

Promulguée dans un climat social et politique tendu, la réforme des retraites fêtait en septembre 2024 le premier anniversaire de son entrée en vigueur. Un temps sur la sellette (un gouvernement NFP l’aurait probablement abrogé), elle pourrait cependant se voir dotée d'« améliorations » sous le gouvernement Barnier. 

C’est en tout cas ce que laissait penser le Premier ministre lors de son allocution sur France 2 hier, disant vouloir agir sur « la pénibilité, les mères de famille, les carrières longues ». Vingt-quatre heures plus tard lors de la passation de pouvoirs, la nouvelle Ministre du Travail déclare, sur le même ton : « Il faut rendre la dernière réforme des retraites peut-être plus soutenable pour tous et répondre aux anxiétés qu’elle a pu générer, en particulier chez les femmes ». 

Alors qu’un appel à la grève a été lancé au 1er octobre pour inciter le nouveau gouvernement à revenir sur la réforme, la négociation avec les partenaires sociaux s’annonce rude : la CGT veut une abrogation pure et simple, et la CFDT plaide pour une suspension, a minima. Sans même parler des propositions de loi et amendements qui seront présentés à l’Assemblée Nationale par les nouveaux députés de gauche et d’extrême droite… 

 

Combattre les bas salaires ?

Gabriel Attal le martelait lors de son discours de politique générale, sa prédécesseure Élisabeth Borne l’avait également promis : il faut « désmicardiser la France » et s’attaquer à la question des bas salaires. 

Quelle sera la position d’Astrid Panosyan-Bouvet ? « Le travail doit payer », a-t-elle déclaré pendant la passation, ajoutant que le Smic « ne doit pas être un salaire à vie ». Si l’on regarde ces interventions sur le sujet en tant que députée, elle semblait plutôt favorable à « mettre sur la table le sujet de la conditionnalité des aides aux entreprises » (selon ses propres mots, il y a un an). Suivra-t-elle le rapport Bozio Wasmer, commandé par Élisabeth Borne, qui exposait notamment les effets des exonérations de cotisations sur les bas salaires ?

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