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Qu'est-ce qui fait qu'on postule ou non à une offre d'emploi ?

Par Hugo Diverres • Publié le

« Il y a une part d’irrationnel. Être candidat n’est pas un métier » explique Jean Pralong

Qu'est-ce qui fait qu'on postule ou non à une offre d'emploi ?

Entre le recruteur et le candidat, il y a l’offre d’emploi. Et c’est souvent bien plus qu’un simple pas. Qu’est-ce qui fait qu’on postule ou non ? Nous avons posé la question à Jean Pralong, enseignant chercheur en RH digitales et gestion des carrières, titulaire de la chaire « Compétences, Employabilité et Décision RH » à l’EM Normandie. Il a évoqué avec nous les angoisses des candidats face aux offres d’emploi.

Le paradoxe de l’offre d’emploi, ou pourquoi les annonces de rêve nous font si peur ?

Pourquoi postule-t-on à une offre et pas une autre alors qu’il s’agit d’un poste équivalent ? Les candidats consultent des dizaines d’offres par semaine, pourtant rares sont ceux à se poser la question et à déterminer des critères précis, alors que les recruteurs, eux, le font pour sélectionner les candidatures. Vous envoyez vos CV au feeling ? Rien de plus normal nous explique Jean Pralong : « Il y a une grosse part d’irrationnel et d’émotions dans le fait de postuler ou non à une offre, c’est ce que nous montrons dans l’étude « Should I Stay or Should I apply ». »

« On pense souvent que les gens postulent si l’offre leur plait. C’est la théorie du « fit » : je lis une annonce, elle me parle de compétences, d’un métier, d’une entreprise et ça me plait donc je postule. Or c’est une hypothèse qui n’est pas suffisante car elle oublie que le recrutement est un concours. Mais un concours dont on ne connaît ni les compétiteurs, ni les règles. On ne sait pas non plus combien de temps cela va durer et qui est l’arbitre. En revanche, on sait qu’il n’y aura qu’un seul gagnant. Les candidats se confrontent à cette compétition et à cette incertitude en permanence, de sorte que la première cause qui nous fait répondre à une offre, c’est le sentiment qu’on va pouvoir être le finaliste. Pourquoi ? Parce que d’une part, on ne sait pas combien il y a de compétiteurs face à nous et quelles sont leurs qualités. D’autre part, au-delà de cette incertitude, il y a une grosse zone d’émotions négatives à craindre. »

Et c’est là que réside tout le paradoxe de l’offre d’emploi nous explique-t-il : « Quand on postule, on s’expose à des émotions négatives, à une forme d’ascenseur émotionnel. L’attente, l’incertitude, la possibilité de ne pas être pris… Or, nous sommes tous construits et quasiment conditionnés en tant qu’être humain à éviter les émotions négatives (…) C’est le paradoxe de l’offre d’emploi. Au départ, c’est un vecteur d’émotion positive parce qu’on se projette dans un poste, l’annonce nous fait rêver, etc. Mais plus l’annonce sollicite des émotions positives, plus je vais mal vivre ensuite le fait de devoir attendre. C’est là que l’ascenseur émotionnel va se mettre en place. L’offre d’emploi n’est pas le problème en soi, c’est au contraire le fait qu’on sait qu’elle risque d’ouvrir une phase d’émotions négatives. »

Comment décrypter une offre en tant que candidat ?

Face à l’incertitude des processus de recrutement et à des offres d’emploi qui ressemblent de plus en plus à des publicités – « accentuant chez les candidats des mécanismes de défiance » -, comment s’y retrouver ? Tentez d’être le plus rationnel possible conseille Jean Pralong :

« L’un des pièges pour le candidat, c’est d’essayer de faire rêver les recruteurs alors que ce n’est pas vraiment le sujet – les offres d’emploi tombent d’ailleurs souvent dans le même écueil. C’est un espace qui devrait être beaucoup plus rationnel. En tant que candidat, tentez de rester le plus rationnel et concret possible : c’est quoi l’offre, c’est quoi le besoin, qu’est-ce que je sais faire, qu’est-ce que j’ai fait auparavant ? Et essayez ensuite d’être le plus précis possible en répondant à toutes ces questions. »

Et si la réponse à l’offre d’emploi n’était que le préalable au vrai processus de recrutement, qui commence en fait réellement lors de l’entretien ? En tant que candidat, « tout ne passe pas par l’offre d’emploi » estime Jean Pralong, qui conseille plutôt de voir l’envoi de votre CV comme une simple proposition de rencontre afin d’éviter les phénomènes d’ascenseur émotionnel :

« Le but du jeu d’une offre est d’obtenir des CV. Votre enjeu à vous en tant que candidat, c’est que votre CV mène à une vraie première rencontre. Il faut donc faire des CV et formuler des candidatures qui soient vraiment efficaces au regard de l’annonce. Qu’est-ce que les recruteurs veulent et qu’est-ce que je leur raconte ? Ça doit être la tactique du candidat, qui pourra questionner le recruteur par la suite pour savoir si cela lui convient ou pas. »

Crédits photo : Luis Villasmil/unsplash.com

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