Novlangue de bureau : ça veut dire quoi être en "mode start-up" ?
Elle seraient davantage agiles, souples et dynamiques... Mais les start-up ont-elles vraiment développé un management différent des autres entreprises ?

Pour dynamiser leur entreprise, certains employeurs n'hésitent pas à sortir de leur chapeau le "mode start-up". Un mode de management qui permettrait d'être plus réactif dans un environnement, dit-on, plus complexe que jamais et donc de s'adapter plus rapidement au changement mais aussi de faire face à la digitalisation des outils. Entre autres...
C'est vrai que ça sonne bien et tout le monde a l'impression qu'en passant en "mode start-up" les choses vont changer. Que possèdent les start-up que les autres n'ont pas ? Un article de Capital, publié en 2014, se demandait déjà ce que voulait dire "avoir l'esprit start-up". Et le journaliste d'enchaîner les clichés. Ainsi, les start-up seraient plus conviviales : leurs open-spaces sont agréables, elles mettent à disposition de leurs salariés des baby-foot et "célèbrent" les contrats, autrement dit les salariés prennent l'apéro quand tout va bien. Les start-up seraient aussi dans un mouvement permanent et arriveraient à prendre des décisions plus rapidement que les grands groupes (à dire avec un air de dégoût) grâce à une hiérarchie limitée à 2-3 échelons maximum et, enfin, elles prendraient des initiatives antiroutine... Un exemple : "pour garder (leur créativité) intacte, les salariés de Fabernovel changent de bureau tous les trois mois".
Si cela vous donne envie à la fois de rire et de pleurer, c'est normal. Comme l'explique au magazine Sciences humaines, Michel Grossetti, sociologue et chercheur au CNRS, le mode start-up est un "mythe managérial". Quand on essaie de définir une start-up, on parle d'entreprises innovantes, pourtant, "on ne peut pas être sûr qu'un projet soit novateur lorsqu'il est tout juste lancé ou en cours". D'ailleurs pouvait-on dire d'Airbnb, même à ses débuts, qu'elle était innovante en proposant de la location de logements par des particuliers ? A priori non : "contrairement à une idée reçue, les créateurs (de start-up) ne se vivent pas forcément comme les fers de lance d'une idée géniale ou révolutionnaire". Quant aux profils des créateurs de start-up français, ce sont souvent des ingénieurs ou des cadres salariés qui se sont reconvertis en milieu de carrière.
Autre idée reçue, le management des start-up serait différent des autres entreprises. Pourtant, à y regarder de plus près, là encore cela relève du mythe. Comme dans n'importe quelle autre entreprise naissante, les start-uppers apprennent "progressivement à gérer du personnel, mais ils n'ont pas de 'projet social' prédéfini". Même s'ils aiment parler "d'aventure" en référence à leur projet, cela ne constitue pas un mode de management à part entière.
Dernier élément qui sert généralement à définir les start-up mais qui ne repose sur rien : les strates hiérarchiques. Comme l'explique Michel Grossetti : "Certains fondateurs souhaitent limiter la taille de leur entreprise pour éviter les inconvénients des hiérarchies qu'ils ont pu connaître en tant que salarié... Pour autant, ces tendances peuvent se retrouver dans d'autres entreprises réputées plus classiques".
(Getty images /Deagreez)
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