Netflix : des méthodes de management toujours plus douteuses
Alors que Reed Hasting, le PDG de Netflix, va prochainement publier un livre sur la culture de son entreprise, un article du Washington Post dénonce un climat de peur sous couvert de transparence absolue.

On connaissait déjà les "keeper test", des évaluations réalisées tous les 6 mois par les managers afin d'évaluer s'ils maintiennent leurs collaborateurs en poste ou pas. Un récent article du Wall Street Journal repris par INC, creuse davantage la culture d'entreprise de Netlfix et c'est encore plus flippant !
"La peur te motive"
Le journal américain a interrogé des employés de l'entreprise la plus en vue en ce moment. Ces derniers expliquent qu'ils apprennent très vite ce que sont les fameux "keeper test" mais surtout à quel point l'organisation de l'entreprise est "impitoyable, démoralisante et transparente jusqu'au dysfonctionnement". Loin, très loin du manifeste partagé par l'entreprise en 2009 sur la façon de traiter les employés et que Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, qualifiait de "document le plus important émanant de la Valley".
Les salariés, eux, ont davantage insisté sur la culture de la peur qui règne chez Netflix. Ainsi, Karen Barragan, vice-président de la communication, considère qu'il est bon que les collaborateurs aient peur car "la peur te motive". Une employée se souvient d'avoir regardé une autre salariée, en larmes, emballant ses affaires après son licenciement sans que ses ex-collègues se joignent à elle, pour ne pas être pris pour cible ensuite. Un autre, d'origine, coréenne fait carrément le rapprochement avec le régime en place en Corée du Nord. Il explique que la culture de la transparence de Netflix lui rappelle l'obligation qu'ont les mères de dénoncer leurs enfants fautifs... Un ancien responsable des relations publiques à Singapour rapporte de son côté qu'après avoir demandé à des collègues de venir en aide financièrement à une réceptionniste virée lors du nouvel an, des responsables des ressources humaines lui auraient expliqué que ce n'était pas une façon de faire chez Netflix. Classe...
Pourquoi nous te licencions
Netflix joue la transparence. Trop certainement. Certains managers n'hésitent pas à envoyer des mails à des centaines d'employés pour leur expliquer pourquoi ils ont licencié telle ou telle personne. Parfois, mais rarement, des réunions concernant le licenciement peuvent inclure la personne virée. De même, les salariés sont encouragés à se parler en dehors du travail pour des sessions de feedback. Des déjeuners et dîners "360" où il faut faire ses retours et critiquer les autres.
Reed Hasting, le PDG, encourage également le "sunshining", une pratique visant à expliquer les décisions prises. Il a ainsi expliqué son choix d'octroyer des primes en espèces aux cadres supérieurs pour leur permettre d'acheter des maisons dans la baie de San Francisco. Un moyen évident de retenir les talents mais qui interroge sur le rôle qu'à à jouer l'entreprise envers les autres employés.
L'entreprise ne s'est jamais particulièrement cachée d'être dure avec les employés. L'an dernier, elle expliquait dans un long post que "Quand un collaborateur n’est plus performant, on s’en sépare". Ce qui, poursuivent les dirigeants, "force les gens à être très bons". Et il faut croire que cela plaît : la plateforme affiche un turnover annuel de 11 % annuel contre une moyenne de 13 % pour les autres entreprises de la tech. Alors, masos les salariés de Netflix ?
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