Managers : et si vous restiez dans votre zone de confort ?
Et oui, pourquoi faudrait-il toujours prendre des risques ?

Bien-être, aisance, tranquillité psychologique et intellectuelle, rejet de toute préoccupation... Le champ lexical lié au mot confort ne donne vraiment pas envie de se "mettre en danger". Pourtant, depuis quelques années, les consultants en développement diffusent cette idée qu'il faut "sortir de sa zone de confort".
Banalisée, cette expression est simplement le reflet d'une époque où il faut toujours se dépasser. A ceux qui sortent de leur zone de confort, on promet de devenir des salariés plus productifs, que l'entreprise accompagnera dans leur réussite. Parce qu'ils auront cassé les codes et fait bouger les lignes, ces bons éléments seront amenés à faire changer les choses. Vraiment ? Dans un article paru dans Capital, Alexandre de Isnard se moque de ces "expressions rupturistes" qui "se succèdent sans que rien ne change vraiment. Faire bouger les lignes... pour mieux entrer dans le cadre", résume-t-il. Mais le monde de l'entreprise exhorte en boucle, tel un mantra, à "sortir de zone de confort". Jusqu'à l'absurde comme parodiait, en avril dernier, Guillaume Natas. Sur Twitter il publiait ce post :
Un ami a appris qu’il avait un cancer. Ses proches ont pleuré...
Moi... je l’ai félicité ! ☺️ C’est une nouvelle aventure qui s’ouvre à lui, bien au delà de sa zone de confort. Il en ressortira grandi et inspiré. Il faut toujours voir les choses du bon côté. Guillaume Natas — Guillaume 400% Natas (@Natas) 22 avril 2018
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Sur LinkedIn aussi, de jeunes entrepreneurs publient très sérieusement ce type de phrases censées refléter leur philosophie de vie. A base d'expressions toutes faites, ils partagent leur valeur qui est essentiellement le dépassement de soi. En cela, ils sont les victimes du management moderne qui est sorti du cadre strict de l'entreprise pour s'immiscer dans nos vies privées. Le chercheur Thibault Le Texier explique ce mouvement par une acceptation diffuse, tout au long du XXème siècle, du management scientifique hérité de Taylor. Comme les gestes des ouvriers que ce dernier avait réussi à diviser et comptabiliser pour les rendre plus performants, l'homme moderne organise et contrôle sa vie pour être plus efficace professionnellement. Comment en-est on arrivés là ? Par l'autocontrôle des employés, explique le sociologue. Un moyen très efficace d'accroître alors "leur motivation en substituant 'au contrôle extérieur le contrôle plus strict, plus exigeant et plus efficace qui vient de l'intérieur".
Faut-il en rajouter une couche ? Si l'on en croit le chercheur, les salariés se mettent déjà suffisamment la pression eux-mêmes, ils n'ont, a priori, pas besoin d'en faire davantage. Sauf à considérer qu'un burnout serait un bon moyen de sortir de leur zone de confort !
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