Les "mad skills", ou quand le bullshit managérial va trop loin
Les mad skills, ou "compétences folles" (oui, oui, vraiment), correspondent ni plus ni moins à la rubrique centres d'intérêt, passions ou encore hobbies que l'on retrouve sur les CV des candidats. Pour les entreprises, ce serait pourtant la solution pour recruter des profils dits atypiques, considérés comme les nouvelles coqueluches de l'entreprise. Vraiment ?

Enfin un vent de folie en entreprise ? Depuis quelques années le management ne jure que par les mad skills des salariés. Un concept faisant prévaloir des personnalités hors du commun qui sortiraient du moule, autonomes et à l'esprit décalé. "Le terme 'mad skills' qui peut être traduit par 'compétences folles' se définit par une expertise multidimensionnelle, ou des compétences singulières", explique le quotidien Les Echos.
Mais quelle différence avec les soft skills, autre concept emprunté aux Américains qui renvoie, là encore, à la personnalité des individus contrairement aux hard skills, lesquels correspondent aux compétences "dures" des salariés ? Le site 7X7 a tenté une définition et voit "les soft skills et les mad skills" comme des"sœurs, les petites dernières étant plus turbulentes que leurs aînées". Nous voilà bien avancés...
"Les décideurs minimisent les risques au maximum lors d’un recrutement"
Venu tout droit de la Silicon Valley, haut lieu de la disruption -l'art de faire du neuf avec du vieux - les mad skills correspondent en fait à la case "loisirs" du CV. Faire de la natation, de la boxe ou de la course à pied, lire, être passionné de cinéma, pratiquer d'un instrument ou s'impliquer dans une association en faveur des migrants du club de foot de son enfant... Autant d'activités censées éclairer les recruteurs sur la personnalité des candidats. Evidemment, plus votre passion est originale plus elle aura sa place sur votre CV. Jouer du biniou plutôt que de la guitare, faire du base jump plutôt que du parapente, voyager en van autour du monde plutôt qu'en formule all inclusive... Vous avez compris l'idée, les mad skills servent à se valoriser et à envoyer des signaux positifs au recruteur. Dynamisme, persévérance, dépassement de soi, esprit d'innovation... Rien de bien original finalement.
Et rien de très atypique non plus. Car peu d'entreprises recrutent des candidats qui ne correspondent pas totalement au poste. On les comprend : pourquoi embaucher un quinqua issu de l'informatique pour gérer sa communication, quand bien même il le ferait sur son temps libre dans un cadre associatif ? "Les décideurs, de par la tension qui règne actuellement sur le marché de l’emploi, souhaitent minimiser les risques au maximum lors d’un recrutement. Mais lorsque vous embauchez un profil atypique vous faites un pari. Et croyez-moi, actuellement, les recruteurs sont très peu joueurs ! Seuls les dirigeants peuvent prendre ce pari sans être déstabilisés dans leurs fonctions, et encore…", expliquait à Mode(s) d'emploi (groupe HelloWork), Alexandre Pachulski directeur produits de TalentSoft, un éditeur de solution de gestion des talents.
Les entreprises ne sont pas non plus forcément prêtes à suivre leur propre règle : Le fameux slogan du management, 'break the mold' , casser le moule, est évidemment un mensonge. Celui ou celle qui casse les codes est destiné au placard ou au licenciement", soulignait sur ce même site Corinne Maier, auteure du Petit manuel du parfait arriviste. Bref, pour survivre en entreprise, il faut suivre les modes mais avec distinction.
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