Une étude polémique révèle pourquoi vous ne devez pas compter sur vos proches pour trouver un emploi
Une récente étude vient de démontrer à quel point nos connaissances les plus éloignées sont celles qui peuvent nous être les plus bénéfiques pour trouver un emploi. Des résultats qui ont provoqué une polémique inattendue. En cause ? La méthodologie de l’expérience, dont vous avez peut-être été un cobaye sans le savoir !

Quand on vous parle de réseautage pour votre recherche d’emploi, vous pensez immanquablement à vos amis, votre famille, vos collègues… bref, vos proches. Ce ne sont pourtant pas eux qui donneraient le plus de force à votre réseau selon la théorie sociologique de la « force des liens faibles ». Une théorie veille de 50 ans qu’a décidé de tester et mettre à l’épreuve le réseau social LinkedIn, dans le plus grand secret, pendant 5 ans.
Qu’est-ce que la théorie des liens faibles ?
Une étude très sérieuse publiée dans Science le 15 septembre dernier a fait grand bruit ces derniers jours. Intitulée « un test causal de la force des liens faibles », cette expérience se frotte à la théorie de la « force des liens faibles », titre d’un essai mondialement connu du sociologue américain Mark Granovetter paru dans les années 70.
Dans sa thèse, le sociologue définit nos relations en trois catégories : les liens forts – les personnes avec qui nous avons des rapports fréquents (famille, amis, collègues) – les liens faibles – les personnes avec qui nous n’avons eu qu’un contact occasionnel ou dont nous n’avons plus de nouvelles depuis longtemps – ou l’absence totale de liens.
La force d’un lien avec une personne se construit en fonction du temps passé ensemble, des intérêts communs, de la confiance et de l’intimité partagées. Et pour expliquer les différents impacts de ces liens sur nos vies, Granovetter prend comme exemple central… une personne en recherche d’emploi ! Vous commencez à comprendre ?
Le professeur de Stanford explique ainsi, dès 1973, que parler de sa recherche d’emploi avec des liens faibles de notre cercle social est plus efficace pour trouver un emploi que de s’appuyer sur son réseau proche. Une théorie qui va à l’encontre de notre intuition et qui, paradoxalement, a toujours eu du mal à être démontrée scientifiquement dans des études de cas.
Deux fois plus de chance d’obtenir un emploi grâce aux liens faibles
Quel rapport avec LinkedIn ? Ce sont des chercheurs de la plateforme américaine, en collaboration avec des chercheurs de Harvard, Stanford et du MIT, qui sont à l’origine de l’étude parue dans Science. Ils ont tout simplement décidé de vérifier la théorie de Granovetter sur les utilisateurs du réseau sans en avertir quiconque !
Pour ce faire, ils ont utilisé l’algorithme de recommandation de la rubrique « personnes que vous pourriez connaître » pour y appliquer différentes expériences aléatoires. Les chercheurs ont ainsi proposé à certains utilisateurs de se connecter avec des personnes ayant des liens faibles avec eux, à d’autres utilisateurs de se connecter avec des personnes ayant des liens forts avec eux, puis ont collecté les données afin d’observer l’impact sur leur recherche d’emploi.
Cette expérience grandeur nature a ainsi duré près de cinq ans, dans le plus grand secret. Près de deux milliards de connexions, à l’origine d’environ 600 000 emplois pourvus, ont été analysées. Vingt millions d’utilisateurs seraient concernés par l’expérience.
Et les résultats sont sans appel : les liens faibles multiplient par deux la chance de trouver un emploi, en particulier dans certains domaines comme celui des métiers du numérique. L’étude révèle par ailleurs que les meilleurs liens faibles seraient ceux avec qui l’on partage une dizaine de contacts communs et avec lesquels on échange très rarement.
Une étude secrète qui fait polémique
Si la filiale de Microsoft a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait tenir compte de ces résultats pour améliorer l’algorithme de sa plateforme afin d’offrir un meilleur accès aux emplois à chaque utilisateur, la parution de l’étude a généré une immense polémique.
En effet, aucun utilisateur de LinkedIn n’était au courant d’être un cobaye au sein d’une expérience. En acceptant les conditions d’utilisation, chaque personne inscrite sur le réseau autorise pourtant la plateforme à mener ce type de recherche. Encore faut-il lire les conditions d’utilisation…
Et parmi les 20 millions de personnes soumises à l’expérimentation, combien ont perdu des opportunités d’emploi à cause du test ? Une expérience qui a d’ailleurs rappelé à de nombreux utilisateurs leurs débuts sur ce réseau lorsque, à peine inscrits, ils recevaient déjà des recommandations pour se connecter avec le garagiste de la ville d’à côté, avec un marketeur habitant à l’autre bout de la France ou un ingénieur résidant au Québec…
Néanmoins les résultats de l’étude confirment la force du réseau dans la recherche d’emploi. Si vous souhaitez vous donner les meilleures chances de trouver un emploi à l’avenir, n’oubliez pas de solliciter les amis de vos amis, cette personne que vous n’avez pas revue depuis 3 ans ou encore le meilleur ami de la fiancée de votre neveu. Vos connaissances, même les plus éloignées, sont une mine d’or pour trouver votre futur emploi !
Crédits photo : REDPIXEL/stock.adobe.com
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