Quiet quitting, burn out... Et si le concept suédois du "lagom" était la solution ?
Vous souffrez d’un manque d’équilibre entre votre vie personnelle et professionnelle ? Ce concept scandinave devrait vous parler !

Le lagom, un art de vivre minimaliste à la suédoise
Une fois n’est pas coutume, le lagom est un mot suédois réputé intraduisible… qu’on va tout de même tenter de traduire ! Le mot lagom est un concept à lui tout seul qu’on pourrait définir par « ce qu’il faut » ou encore « ni trop, ni pas assez ». Un mot-valise qui désigne tout à la fois une forme de tempérance, de simplicité, de mesure, de modestie et de minimalisme. Oui, tout ça en même temps.
Certains peuvent y voir une proximité avec la slow life, les low tech ou même l’écoresponsabilité… D’autres, avec l’épicurisme antique : une vie centrée sur les plaisirs nécessaires (boire, manger, dormir) dont on jouit sans excès.
Le lagom est un art de vivre qui prône avant tout le bien-être et la sérénité : pourquoi faire beaucoup quand on peut faire bien ? Pourquoi avoir plus quand on a déjà assez ? Si vous décidez de vivre en accord avec ce mode de vie, vous devrez dire adieu aux excès en tout genre (vous vous souvenez de votre dernier repas de Noël ?) mais aussi à tout ce qui est superflu (ne parlons même pas des tonnes de cadeaux sous le sapin…).
Les Suédois utiliseraient d’ailleurs l’adjectif lagom à toutes les sauces pour signifier ce qui est optimal. Par exemple, boire lagom – « Dricka lagom » - ne signifie pas seulement boire avec modération - au sens médical du terme - mais boire ce qu’il faut pour étancher sa soif et passer une bonne soirée sans pour autant finir avec un mal de crâne insensé le lendemain. Une qualité peut-être lagom, une quantité peut-être lagom, etc. L’expression lagom är bäst résume parfaitement cet état d’esprit : « juste ce qu’il faut, c’est parfait ».
Et si vous trouviez votre bon niveau de lagom au travail ?
Vous nous voyez venir avec notre lagom ? Depuis la crise sanitaire, les salariés du monde entier plébiscitent largement la recherche d’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. La mise en place du télétravail semble aller en ce sens, la semaine de 4 jours testée dans de nombreux pays occidentaux également. Et si le lagom pouvait nous aider à n’en faire ni trop, ni trop peu ?
A ce jeu-là, chacun a son propre équilibre et sa propre acceptabilité à l’engagement au travail. Le tout est de savoir où se situe votre juste milieu, votre état personnel de lagom.
En effet, ne pas s’investir dans son travail à la hauteur de ses capacités a souvent pour conséquence de faire éprouver un sentiment de culpabilité à l’opposé de la sérénité du lagom (sans même parler du phénomène du bore out, quand les salariés s’ennuient au point de perdre leurs repères). A l’inverse, tout donner dans son travail ou s’investir au-delà du supportable engendre du stress et du mal-être, qui peut conduire in fine à un burn-out.
Il ne s’agit donc pas de tout envoyer en l’air pour partir élever des chèvres dans le Cantal, il s’agit de trouver le juste milieu pour s’investir dans son travail ! Avec envie et enthousiasme, sans pour autant sacrifier sa vie personnelle, - équilibre qui permet de se reposer et d’exprimer ses envies et désirs – et donc d’être meilleur dans son travail. Voyez ces deux sphères comme deux jauges distinctes qui se nourrissent l’une de l’autre : si votre jauge travail est trop pleine, c’est que votre jauge de vie personnelle est probablement un peu vide. Résultat, votre jauge de travail risque de déborder et inonder votre vie personnelle. L’inverse est également vrai.
Les quiet quitters sont-ils des pratiquants du lagom qui s’ignorent ?
Ce concept du lagom rappelle un phénomène récent : le quiet quitting. Les quiet quitters, les salariés qui font la grève du zèle, sont-ils des Suédois qui s’ignorent ? A première vue, le « ni trop peu, ni pas assez » semble être la définition même du quiet quitting… De nombreuses personnes se sont d’ailleurs gentiment moquées de ce nouveau concept qui ne désignerait selon eux qu’une simple normalité : effectuer les missions attribuées et le travail pour lequel l’employeur paie, ni plus ni moins.
Le quiet quitting est pourtant le signe d’un certain rejet, voire d’une déception vis-à-vis du monde du travail : « Puisque j’ai beaucoup donné sans jamais rien recevoir en retour, je me contenterai désormais du minimum », semblent crier en chœur les démissionnaires silencieux, qui représenteraient un salarié sur deux aux Etats-Unis, selon un récent sondage Gallup. Un sentiment de lassitude qui s’accentue d’autant plus dans le contexte économique actuel.
Or, si la pratique de la démission silencieuse peut permettre à court terme de retrouver un équilibre personnel, difficile de s’épanouir dans sa vie professionnelle sur le long terme dans ces conditions. La lagom est au contraire une façon de prévenir de tels phénomènes !
Ce n’est pas seulement un mode de vie individuel, c’est une notion collective qui s’applique parfaitement à l’entreprise. Vous pouvez considérer qu’un collègue a assez travaillé sur un projet et le lui signifier clairement : « Stop, tu as fait ta part, repose-toi maintenant ». C’est un lien de confiance collectif qui change du même coup la notion de management et de leadership, qui s’inscrivent alors plutôt dans la collaboration et le coaching, et responsabilise chaque membre d’une communauté – ici l’entreprise. Juste assez pour soi certes, mais aussi juste assez pour chacun et juste assez pour tous !
Jusqu’à preuve du contraire, les entreprises suédoises ne s’en sortent pas moins bien qu’ailleurs… Pourtant, 1 % seulement de la population active suédoise effectue des heures supplémentaires. Comment font-ils ? Des salariés plus heureux et épanouis seraient des salariés plus productifs.
Crédits photo : polinaloves/stock.adobe.com
- X
Sur la même thématique
Préparez-vous à
décrocher votre job !
155 000
CV lus en moyenne chaque jour, soyez le prochain à être vu !
soyez visible auprès des recruteurs
905 937
offres en ce moment, on vous envoie celles qui collent ?
soyez alerté rapidement
- Accueil
- Média de l'emploi
- Être bien au travail
- Quiet quitting, burn out... Et si le concept suédois du "lagom" était la solution ?
{{title}}
{{message}}
{{linkLabel}}