Pourquoi c’est faux de penser que les jeunes n’ont plus d’ambition
Gaël Chatelain-Berry, conférencier et écrivain estime que les jeunes salariés repensent simplement la notion d’ambition.

Ils refusent de monter les échelons, changent d’orientation après une grande école ou déclinent une offre de manager. Les jeunes générations de salariés âgées de 20 à 30 ans intriguent leurs aînés, habitués à des carrières toutes tracées. Ont-ils, pour autant, moins d’ambition ? On en parle avec Gaël Chatelain-Berry, conférencier et écrivain, expert sur les questions de management.
« L’ambition maintenant c’est d’avoir un bon équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle »
« Les jeunes ne sont pas moins ambitieux, ils ont juste une ambition différente », affirme Gaël Chatelain-Berry qui reconnaît que sa génération portait un autre regard sur la notion de carrière : « Moi, il fallait devenir manager à tel âge, dirigeant à tel âge, c’était une sorte de chemin tout tracé. » Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et il y a une prise de conscience que les ambitions peuvent varier. On peut estimer que l’on réussit parce qu’on a du temps pour soi, sa famille ou sa passion.
Au sein de cette génération habituée aux réseaux sociaux et à la culture de l’instantanéité, la projection dans une carrière sur plusieurs années ne parle plus. Actuellement, la plupart des jeunes conçoivent la vie professionnelle comme une suite d’opportunités à prendre, mais il n’y a pas d’idées préconçues de plan de carrière. Les jeunes salariés ne se projettent pas forcément sur les cinq ou dix prochaines années.
Une autre étude réalisée par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), souligne que 14% des diplômés d’un bac +5 changent radicalement de voie, dans les deux ans qui suivent leurs études. Ainsi, après une grande école de commerce ou d’ingénieurs, des jeunes salariés renoncent à des postes à responsabilités pour retourner vers des métiers plus concrets ou engagés et proches de leurs envies premières.
Ce qui laisse parfois la génération de leurs parents un peu désappointés puisque ce modèle de carrière est très éloigné de la voie toute tracée, sans bifurcations, qu’ils suivaient à l’époque. «
« La réussite n’est plus qu’une question d’argent mais d’accomplissement personnel »
« Finalement, cette jeune génération montre qu’il y a d’autres chemins à prendre que le modèle de réussite sociale basée sur l’argent. Ils sont convaincus qu’on peut réussir en vivant simplement de sa passion. L’ambition maintenant c’est d’avoir un bon équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle », explique Gaël Chatelain-Berry.
Les jeunes continuent de croire en la réussite mais ils sont moins nombreux à penser qu’elles passent par les hausses de salaires et les promotions régulières. Il n’y a plus de course aux échelons même quand on a fait de longues études.
Une étude de l’Edhec révélée dans le Parisien souligne que les aspirations des élèves des grandes écoles ont changé. Les diplômés répondent que leurs principales priorités sont « acquérir des compétences et se développer personnellement » ainsi que « contribuer utilement à la société ». « Avoir des revenus élevés » n’arrive qu’en troisième position de leurs aspirations de vie professionnelle.
Pour autant, les jeunes ne renoncent pas à l’idée de devenir manager ou dirigeant d’entreprise. D’ailleurs, un jeune sur quatre souhaite être entrepreneur pour se réaliser dans une activité qui lui tient à cœur, tout en bénéficiant d’une large autonomie.
Dans le même temps, la stabilité est aussi toujours recherchée puisque le CDI reste plébiscité, comme le laissait percevoir une étude réalisée par l’Université de Nantes et la chambre de commerce et d’industrie de Saint-Nazaire auprès de plus de 1600 jeunes. 42% d’entre eux considèrent que le CDI reste encore le graal. Quand ils sont salariés, ces jeunes recherchent une bonne ambiance de travail, des conditions salariales favorables et un respect des horaires pour leur vie personnelle.
« La réussite actuellement, ce n’est pas de faire un burn-out pour un salaire mirobolant mais plutôt se demander : est-ce que quotidiennement j’ai de quoi manger, payer mes loisirs et est-ce que je me fais plaisir au travail ? La réussite n’est donc plus qu’une question d’argent mais aussi d’accomplissement personnel » confie Gaël Chatelain-Berry.
Crédits photo : qunica.com/stock.adobe.com
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