IA, développement durable… quel avenir pour les professionnels de l’IT ?
Un article qui n’a pas été écrit par Chat GPT !

Le boom de l’IA générative nous fascine autant qu’il nous laisse perplexes. Dernière actualité en date : le lancement de GitHub Copilot Chat, un assistant qui intègre Chat GPT-4… capable de générer du code en quelques secondes ! Le métier de développeur est-il voué à disparaître, comme le prédisent déjà certains ? HelloWork a posé la question à deux experts IT. Et leur avis est un peu plus nuancé !
Des métiers IT ouverts à l’innovation technologique
Et pour cause : la profession n’en est pas à sa première révolution. « Il y a vingt ans, on disait que l’offshore, l’hébergement en externe, allait tuer le métier de développeur en Europe », se souvient Loïc Margerin, architecte SI transverse au Crédit Mutuel Arkéa. « Force est de constater que cela n’a pas du tout été le cas ! »
« Si la composante technologique est très importante dans nos métiers, l’évolution n’est pas toujours linéaire. Les progrès se font souvent par bonds successifs, à l’image de ce qui se passe aujourd’hui avec l’IA », analyse son collègue Gilles Tomasino, architecte endpoint. Il y a quelques années, l’arrivée d’internet et du smartphone avaient déjà entraîné une transformation profonde des écosystèmes, des outils et des pratiques.
Et puis, si le grand public découvre actuellement le potentiel de l’IA, ce n’est pas le cas des experts IT. « Les IA sont présentes depuis quelques temps dans nos métiers. Au Crédit Mutuel Arkéa, on met, par exemple, en œuvre des processus de sécurisation de nouvelle génération qui s’appuient sur des IA », explique Gilles. « C’est nécessaire pour répondre à des menaces informatiques de plus en plus élaborées. Il faut savoir tirer le meilleur parti des IA pour faire évoluer certaines tâches. L’essentiel est de les utiliser à bon escient. »
L’occasion de se recentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée ?
Au train où vont les choses, on peut toutefois augurer de grands changements au sein des équipes IT. « Est-ce que Chat GPT et ses successeurs vont finir par coder à la place des développeurs ? Impossible à dire car cela peut aussi faire pschitt », réagit Loïc. « Si cela arrive, on devra sans doute se recentrer sur la conception. Dans l’industrie par exemple, l’arrivée de l’automatisation a permis à des métiers plus manuels de se déporter sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. L’IA pourrait nous permettre de prendre en charge une partie des développements. Si on confie uniquement les missions qui nécessitent une plus grosse réflexion aux humains, notre job deviendra encore plus intéressant. Même si j’ai du mal à croire que toutes les actions de production sont automatisables. On verra dans dix ans si je me suis trompé »
Gilles est lui aussi curieux vis-à-vis de l’avenir : « L’éclosion de l’IA grand public va être intéressante à suivre. »
La sobriété énergétique : un autre enjeu de taille dans l’IT
« La consommation de ressources informatiques est aujourd’hui aberrante. Actuellement, la moindre petite application Java consomme énormément de RAM et de CPU. » Les chiffres lui donnent raison : selon le think thank The Shift Project, la consommation énergétique du numérique est aujourd’hui en hausse de 9 % par an. Depuis 2013, elle est passée de 2,5 à 3,7 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre. « Au-delà de l’impact environnemental malheureusement pas encore assez pris en compte dans l’IT de manière générale, les coûts vont finir par devenir insurmontables pour les entreprises. Je pense qu’il faut revenir à l’économie de moyens. »
Les langages plus anciens, comme Cobol étaient beaucoup moins gourmands sur le plan énergétique. « Dans l’informatique, on fonctionne beaucoup par cycles. Quand les ressources sont rares, on est forcés d’optimiser ce qu’on produit », souligne Gilles. « La démocratisation du PC associée à la multiplication des serveurs dans les datacenters a mis à disposition de tout un chacun des ressources telles qu’il y a eu une flambée de la consommation énergétique. » On revient dans un cycle d’optimisation. « Au Crédit Mutuel Arkéa, on travaille une feuille de route pour devenir de plus en plus vertueux dans nos pratiques. » On peut souligner par exemple la baisse du nombre d’équipements informatiques par collaborateur, le don de matériels à des associations et écoles sociétaires ou encore la stabilisation de la consommation de leurs datacenters.
La notion de gouvernance est, selon Loïc, également très importante : « Aujourd’hui les entreprises travaillent avec des cloud providers comme Google, AWS ou Microsoft Azure. Les risques en matière de sécurisation des données, de confidentialité, mais aussi sur le plan juridique, doivent nous pousser à les utiliser avec discernement. À l’avenir, la création d’un vrai cloud provider européen deviendra, je pense, une nécessité. »
Une prise de recul nécessaire
« Il y a des effets de mode autour de technos ou d’organisations de travail qui font rêver », prévient Loïc. « Pourtant, bien malin celui qui pourra prédire ce qui relève du buzz et ce qui va durer dans le temps ! Il faut que les développeurs arrivent à prendre du recul par rapport à tout ça. Aujourd’hui comme demain, nous devons nous rappeler le but de notre travail : développer des produits qui correspondent aux besoins de l’entreprise. »
Crédits photo : Gorodenkoff/stock.adobe.com
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