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Être bien au travail

Et si la Grande Démission était un mythe en France ?

Par Juliette Bergé • Publié le

Une nouvelle étude de l’Institut Montaigne revient sur les idées reçues de l’ère post-Covid dans le monde du travail

Et si la Grande Démission était un mythe en France ?

La vague massive de démission annoncée n’a pas eu lieu. C’est le constat d’une étude de l’Institut Montaigne publiée jeudi 2 février qui analyse le nouveau rapport au travail après avoir sondé près de 5000 actifs français. Contrairement aux idées reçues, les Français seraient toujours satisfaits de leur emploi et ne sont pas prêts à tout quitter même s’ils ressentent une charge de travail plus importante.

La vraie révolution post-Covid se situe plutôt du côté du télétravail qui a bouleversé le rythme des actifs avec des horaires de plus en plus décalés. Cette nouvelle manière de travailler introduit aussi des clivages entre les fonctions « télétravaillables » et celles qui ne le sont pas.

Les Français globalement satisfaits de leur job malgré une charge de travail accrue

Une majorité de travailleurs ne s’est pas précipitée pour rédiger sa lettre de démission après la crise sanitaire. Selon l’étude, sur une échelle de 0 à 10, 77% des actifs expriment un degré de satisfaction supérieur ou égal à 6 et 80% se disent aussi satisfaits du sens de leur travail. Enfin, même ceux qui rêvent d’évolution professionnelle ou de reconversion ne concrétisent pas forcément leur projet. Si l’aspiration à devenir indépendant est par exemple très forte surtout chez les jeunes, seuls 10% des travailleurs se disent vraiment prêts à franchir le pas.

Ces résultats écornent donc l’image du salarié démotivé, à la recherche du sens perdu dans son travail, véhiculée par les études sur la Grande Démission. « Ces explications souffrent souvent de faiblesse » souligne l’enquête. « D’une part, en se concentrant sur des ressentis et en ne les mettant pas en relation avec des données objectives. D’autre part, la qualité statistique de ces études voire leur biais, font que les résultats obtenus sont parfois fragiles et leur interprétation pour le moins délicate. »

L’Institut Montaigne avance une autre hypothèse pour expliquer la hausse des démissions : « La Grande Démission est un mythe : les évolutions législatives comme l’introduction de la rupture conventionnelle en 2008 combinées à une situation du marché du travail exceptionnellement favorable aux salariés suffisent à expliquer ce phénomène. »

En revanche, une forte majorité des actifs (60%) considèrent que leur charge de travail a augmenté au cours des cinq dernières années. Pour l’étude, les facteurs d’insatisfaction sont surtout liés à l’environnement professionnel des salariés : leurs conditions de travail, la rémunération, le management et l’insécurité de l’emploi.

Le télétravail : la vraie rupture avec le monde d’avant

Le véritable phénomène nouveau dans le monde du travail se trouve plus du côté de l’instauration du télétravail à grande échelle. « Dans le cas du télétravail régulier (au moins un jour par semaine), la progression est encore plus spectaculaire : 33 % des travailleurs sont dans cette situation en 2022, contre 3 % en 2017, soit une multiplication par un facteur 10 en 5 ans » détaille l’étude.

Cependant, tous les actifs ne télétravaillent pas. De fortes disparités existent entre les secteurs et les métiers. Actuellement, la moitié des emplois (48%) sont « télétravaillables » et « tous les actifs ne sont pas égaux devant la possibilité de télétravailler » précise le rapport. Ainsi, plus de la moitié des postes dans le marketing ou l’informatique bénéficient de télétravail régulier ou occasionnel alors qu’ils sont une minorité dans la production industrielle, le BTP ou la santé à y avoir recours. Quand il est possible, ce télétravail est plébiscité par les salariés. Ils estiment son impact positif à la fois côté vie professionnelle et vie familiale, mais aussi par rapport à leur efficacité et leur autonomie au travail.

Même à distance, les salariés français demeurent investis et sont loin du cliché du salarié devenu « paresseux » après la crise sanitaire. La durée de travail reste d’ailleurs stable depuis près de 30 ans. Les bouleversements se situent plus au niveau des horaires des journées de travail. La norme des 35 heures tend à disparaître « En moyenne, les salariés considérant leur charge de travail comme « non excessive » travaillent 37h par semaine ». Le cadre traditionnel de « la semaine à cinq jours aux horaires de bureau » est aussi devenu minoritaire avec la multiplication des horaires atypiques notamment chez les cadres. « 60% des travailleurs déclarent travailler parfois après 20H ou le week-end ».

Ces nouvelles formes d’organisation peuvent induire un risque accru de burn-out comme l’illustre Bertrand Martinot, l’auteur de l’étude : « On peut avoir une charge psychique lourde en travaillant trente-cinq heures, d’autant qu’on ne déconnecte plus. »

Crédits photos : Flamingo Images /Stock.adobe.com

 

 

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