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Être bien au travail

La fin du mythe de l'holacratie ou pourquoi on aura toujours besoin de managers

Par Guirec Gombert • Publié le

Il y a six ans, l'entreprise de chaussure Zappos mettait en place l'holacratie, une organisation du travail sans managers, intitulés de poste ni hiérarchie. Aujourd'hui, elle fait marche arrière.

La fin du mythe de l'holacratie ou pourquoi on aura toujours besoin de managers

"Chaque fois qu'une ville double de taille, la productivité par habitant augmente de 15 % (...) mais à l'inverse pour les entreprises qui grandissent, la productivité recule". Partant de ce constat, Tony Hsieh, actuel CEO et cofondateur de l'entreprise Zappos, mettait en place en l'holacratie, un nouveau type de gestion fondée sur la répartition décisionnelle dans toute l'organisation devant rendre l'entreprise résiliente et hyper-productive. Un modèle contre-intuitif, rapporte le magazine Quartz. En 2015, Tony Hsieh demandait à ses employés de s'investir pleinement dans le modèle de l'holacratie ou de partir : 18 % d'entre eux ont choisi la seconde option, accompagnée d'une généreuse prime de départ. A l'époque, le New York Timesvoyait dans cette exode "un coup porté à l'holacratie et à la vision de M. Hsieh d'une société harmonieuse et autogérée". Depuis, l'entreprise réintroduit peu à peu des managers dans son organisation.

Esprit d'entreprise et auto-gestion

John Bunch, qui a codirigé le déploiement de l'holacratie est aussi celui qui l'a enterrée. Selon lui, pour faire face à des "gros défis", Zappos avait besoin de rediriger l'attention des employés vers le client alors que l'holacratie a tendance à focaliser les troupes en interne. La solution adoptée ? Un système où des équipes fonctionnent comme de petites entreprises gérant leur propre compte de profit et pertes. Ces groupes de travail sont incités à développer de nouvelles gammes de produits et services pour les clients de Zappos. Pour l'entreprise, même si cela peut entraîner des négociations en interne et de la concurrence entre les unités, ce fonctionnement permet malgré tout de d'innover, d'évoluer et de s'adapter plus facilement que dans le modèle de l'holocratie où tout le monde se mêle de tout. Pour être plus performante, Zappos est donc revenue à une organisation avec des groupes bien identifiés, spécialisés et travaillant sous l'autorité de managers. Certes, c'est toujours un système décentralisé qui encourage l'esprit d'entreprise et l'auto-gestion dans le travail mais ce n'est plus l'holocratie pure.

Les limites de l'holacratie

Des chercheurs ont également pointé du doigt le fonctionnement des entreprises holacratiques. Dans la revue Harvard Business Review, Amy Edmondson et Michael Y. Lee écrivaient en 2017 que "la hiérarchie managériale fonctionne plus efficacement dans des environnements stables mais qu'elle fait face à de sérieux de défis dans des conditions dynamiques". La structure pyramidale traditionnelle n'est pas le meilleur système qui soit mais un modèle à plat ne fonctionne pas totalement non plus. Déjà parce que de nombreux salariés ne comprennent plus leur rôle et fonction, et plus particulièrement les managers qui se sentent déclassés. Mais aussi parce que l'holacratie peut concentrer encore davantage le pouvoir dans les mains de quelques-uns.

Sociologue des organisations, François Dupuy expliquait lui que contrairement à une idée reçue "plus une organisation réduit le nombre de ses niveaux hiérarchiques et plus les salariés trouvent cette hiérarchie pesante et inversement". Et de souligner que le "poids apparent des niveaux intermédiaires, comme dans les entreprises, accroît en réalité la liberté de la base et donc dilue les possibilités de contrôle". Dans l'holacratie, c'est l'autocontrôle des salariés qui permet à l'entreprise de fonctionner. Pour eux c'est davantage de pression avec la disparition du manager qui faisait office de fusible.

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