Les limites de l'holacratie
Des chercheurs ont également pointé du doigt le fonctionnement des entreprises holacratiques. Dans la revue Harvard Business Review, Amy Edmondson et Michael Y. Lee écrivaient en 2017 que "la hiérarchie managériale fonctionne plus efficacement dans des environnements stables mais qu'elle fait face à de sérieux de défis dans des conditions dynamiques". La structure pyramidale traditionnelle n'est pas le meilleur système qui soit mais un modèle à plat ne fonctionne pas totalement non plus. Déjà parce que de nombreux salariés ne comprennent plus leur rôle et fonction, et plus particulièrement les managers qui se sentent déclassés. Mais aussi parce que l'holacratie peut concentrer encore davantage le pouvoir dans les mains de quelques-uns.
Sociologue des organisations, François Dupuy expliquait lui que contrairement à une idée reçue "plus une organisation réduit le nombre de ses niveaux hiérarchiques et plus les salariés trouvent cette hiérarchie pesante et inversement". Et de souligner que le "poids apparent des niveaux intermédiaires, comme dans les entreprises, accroît en réalité la liberté de la base et donc dilue les possibilités de contrôle". Dans l'holacratie, c'est l'autocontrôle des salariés qui permet à l'entreprise de fonctionner. Pour eux c'est davantage de pression avec la disparition du manager qui faisait office de fusible.