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Quand les femmes cadres tombent de la "falaise de verre"

Par Guirec Gombert • Mis à jour le , publié à 10h08

Quand les femmes ne subissent pas le plafond de verre, soit l'impossibilité d'accéder aux échelons supérieurs, elles sont nommées à des postes à hautes responsabilités pour gérer des organisations en crise. Une promotion hasardeuse car elles courent, logiquement, un risque élevé d'échec dans leur fonction.

Quand les femmes cadres tombent de la "falaise de verre"

Les femmes appelées à la rescousse quand ça va mal ? Un constat que l'on doit à deux chercheurs britanniques, Michelle Ryan et Alexandrer Haslam, à l'origine du concept de "glass cliff", ou falaise de verre. En cas de problème, les organisations ont tendance à remplacer leurs dirigeants par des directrices générales. Une pratique qui met les femmes dans une situation où elles "courent un risque élevé d'échec dans leur fonction", selon une étude réalisée par Eurofound. Autrement dit, quand les femmes brisent le plafond de verre ("glass ceiling"), elles sont obligées de prendre des risques plus importants que les hommes pour réussir.

L'étude (2005) de Ryan et Haslam s'appuie sur un échantillon de patronnes, nommées à la tête de puissantes entreprises, mais en danger : Patricia Russo chez Alcatel-Lucent, Marissa Mayer chez Yahoo!, Mary Barra chez General Motors. En politique, ajoutons Theresa May engluée depuis plus de trois ans dans le Brexit.

Des qualités typiquement féminines ?

Clara Kulich, chercheuse à l'université de Genève (UNIGE), s'est elle aussi intéressée à la "falaise de verre". Avec ses collègues, elle supposait au départ de la recherche que ces promotions s'expliqueraient par "des qualités réputées comme étant 'féminines', par exemple la capacité d’écoute et la sensibilité (...). Mais nos résultats sont tout autres !", explique-t-elle. Pour étudier le phénomène de la falaise de verre, la psychologue de l'UNIGE a présenté quatre CV, ceux de deux hommes et ceux de deux femmes, à plus d'une centaines de personnes, dont 40 % occupent des postes de managers. A ces CV étaient associées des compétences liées aux stéréotypes de genre : écoute, sensibilité et tact émotionnel pour les femmes, détermination, prise en charge et confiance en soi pour les hommes.

"(...) nous avons ensuite demandé aux participants de choisir le CV qu’ils considéraient adéquat pour une entreprise en crise, et celui qui convenait à une entreprise qui fonctionne bien, détaille Clara Kulich. Dans 63% des cas, une candidate ou un candidat aux caractéristiques masculines a été choisi pour gérer une entreprise dans la tourmente, contre 41% pour une entreprise qui génère de bons résultats". Conclusion : quand tout va mal, les entreprises cherchent des personnalités aux compétences "masculines". Dès lors, pourquoi les femmes atteignent des postes à responsabilités ?

Les femmes symboles du changement

L'explication retenue par la chercheuse c'est que les femmes sont perçues comme des symboles du changement à la tête d'entreprises à la peine. Un changement facile à mettre en avant et qui a pour but d'améliorer l'image de marque de l'organisation. Une autre expérience va dans ce sens. Des étudiants d'Harvard ont été interrogés sur leur préférence de sexe pour diriger une entreprise en crise. Résultat : 69 % d'entre eux choisiraient une femme. Là encore, ce choix reposerait sur l'idée qu'une dirigeante va dans le sens d'une rupture avec le modèle dominant. Pour autant, une fois au pouvoir, les femmes seront plus durement jugées, explique une étude de PricewaterhouseCoopers (PwC). Se basant sur la trajectoire des dirigeantes de grandes entreprises entre 2003 et 2013, le cabinet constate un taux de 38 % d'évictions pour les femmes, contre seulement 27 % pour les hommes. "Notre étude démontre qu’il est encore difficile pour les femmes de lutter contre l’effet de la falaise de verre. Un homme est engagé pour ses compétences managériales, alors qu’une femme ne peut savoir si elle sert de symbole de changement (voire même de bouc-émissaire pour expliquer un échec dans certain cas), ou si ce sont bel et bien ses compétences qui l’ont conduite à ce poste à responsabilités", conclut Clara Kulich.

Crédit photo Getty DNY59

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