Suzanne, Senior Manager dans la tech : « Je pense que le syndrome de l’imposteur est très féminin »
L’ingénieure retrace 20 ans de carrière dans un monde masculin.

Dès ses études et en deux décennies de carrière, Suzanne Do a découvert un monde majoritairement masculin. Un terrain qui ne l’a pas empêchée d’évoluer, bien au contraire. Pour HelloWork, elle retrace son parcours dans le conseil, entre technique et encadrement d’équipes.
Pour Suzanne, tout commence par une école d’ingénieur en systèmes d’information, dont elle sort diplômée en 2002. « On était juste avant l’éclatement de la bulle Internet. Je faisais partie d’une promo où on était 18% de femmes et je m’étais dit : « Je vais entrer dans un monde d’hommes ». Cela s’est bien concrétisé dans mon parcours professionnel », raconte-t-elle.
Après ses études, Suzanne décroche un premier emploi chez un éditeur français. « J’ai rejoint une équipe de consultants qui résolvaient des problèmes auprès des clients quand ils n’arrivaient plus à s’en sortir avec le support technique. J’étais la seule femme de l’équipe », se souvient-elle. Après deux ans et demi à voyager partout en Europe pour son travail, elle décide de se stabiliser et de fonder une famille. Elle intègre alors une ESN (entreprise de services du numérique) puis une autre société de services acquise par Arismore en 2015, et rachetée par Accenture en 2017, qui deviendra son entreprise actuelle.
« Je n’ai jamais voulu lâcher le volet expertise »
En vingt ans, Suzanne a évolué vers des postes de management, sans oublier ses premiers amours. « Je suis passée d’un métier d’exécutant technique avec l’intégration de solutions de gestion d’identité et d’accès numérique à des rôles de cheffe de projet pour piloter des équipes. Toutes les étoiles étaient alignées pour que je prenne la voie du management autour de ces sujets ! Je n’ai, en revanche, jamais voulu lâcher le volet expertise afin de continuer à me former et être percutante dans les projets que je mène », explique-t-elle.
Depuis deux ans, Suzanne porte l’offre IAM pour Identity and Access Management chez Accenture et gère une équipe d’une cinquantaine de collaborateurs. « Porter l’offre, c’est aussi bien sur des aspects de développement du business, que de pilotage de gros programmes, de gestion de partenariats technologiques mais aussi de développement de l’équipe, de l’analyste au senior manager. J’ai aussi toujours un pied dans le service, en tant que Delivery Lead de deux gros projets dans ce secteur d’activité », indique-t-elle.
« J’ai dû prouver que je savais parler technique »
Au cours de sa carrière, Suzanne n’a jamais vécu ou été témoin de différences de traitement entre ses collègues hommes et femmes. « J’ai surtout entendu des interrogations de la part de femmes qui se posaient des questions comme : « Est-ce que, finalement, je suis à ma place ? » ou « Est-ce que je peux prétendre à telle chose ? ». Je pense que le syndrome de l’imposteur est très féminin. » Dans ses différents postes et entreprises, Suzanne a toujours été bien accueillie. Seules quelques situations lui rappellent qu’elle évolue en tant que femme dans un monde très masculin. « Je me rends souvent à des réunions ou à des présentations pouvant rassembler jusqu’à des dizaines de personnes où je suis la seule femme et il m’arrive d’entendre des « bonjours messieurs » et de devoir me manifester », précise-t-elle. Dans le cas de l’ingénieure, la vie de famille n’a pas non plus été un frein à son évolution, bien au contraire. « Avec mon travail, je peux organiser librement mon temps », souligne-t-elle.
Les difficultés qu’elle a pu connaître au début de sa vie professionnelle, Suzanne les pense peut-être dues à sa jeunesse de l’époque. « En tant que cheffe de projet ou sur des rôles plus techniques, j’étais confrontée à des équipes de production et souvent des administrateurs techniques. Des métiers très masculins. Je ne sais pas si je devrais mettre ça sur le compte de ma jeunesse ou du fait que je sois une femme mais je n’étais pas accueillie très sérieusement. J’ai dû prouver que je savais parler technique et donc, le même langage que ces messieurs. C’est beaucoup moins vrai aujourd’hui, le secteur a évolué et les différences se gomment petit à petit. En tout cas, ce n’est pas un sujet chez Accenture ! »
« J’ai appris à demander de l’aide »
Suzanne rejoint l’entreprise mondiale de conseil et de technologies, à la suite de l’acquisition de la société qui l’employait. « Ce n’était pas un choix et même une crainte, car j’étais habituée à travailler pour des PME dans un système très francophone. Dans cette petite structure, les fonctions support occupaient des missions administratives et, de mon côté, je me concentrais sur mon expertise. Je passais d’une société de 300 collaborateurs à 400 000 collaborateurs à l’époque, avec l’anglais en première langue. En tant que Delivery Lead, j’ai dû apprendre à maîtriser à la fois les finances et les contrats, en plus de mon métier et des process d’Accenture. »
Une transition difficile pour laquelle Suzanne a pu être accompagnée par son entreprise : « Accenture m’a fourni un coaching externe pour m’aider dans cette nouvelle étape. J’ai appris à demander de l’aide, à tisser un réseau, à ne pas rester seule et profiter de la puissance d’Accenture pour m’aider. Cela m’a aussi aidé à prioriser, m’organiser et m’appuyer sur des équipes dont les forces sont complémentaires aux miennes et ainsi de décupler l’impact de mes différents rôles dans l’entreprise et chez nos clients. Cela m’a menée petit à petit vers des responsabilités supplémentaires. »
« Il ne faut pas attendre que les opportunités tombent »
Chez Accenture, Suzanne apprend « l’entreprenariat de sa carrière. C’est-à-dire que si on me confie une responsabilité, on ne me donne pas de fiche de poste précise, éclaire-t-elle. Je peux la construire telle que je le souhaite, du moment que je vise les objectifs fixés. C’est très formateur ! J’ai d’ailleurs pris certains rôles qui ne me convenaient pas et je n’ai à aucun moment été blâmée, au contraire. J’ai été encouragée et on m’a donné cette confiance de me projeter sur des fonctions qui me semblaient trop compliquées ou trop importantes, par exemple. Pour n’importe qui, homme ou femme, souhaite construire sa carrière dans le sens qu’il souhaite, il ne faut pas attendre que les opportunités tombent. Il faut être soi-même moteur de ses choix ! » conseille-t-elle.
Vous hésitez à vous aventurer dans la tech et le conseil ? « Il faut se lancer en fonction de ses propres convictions et ne pas regarder si le métier ou la carrière qu’on souhaite embrasser est dans un monde plutôt masculin. L’important est de croire en ce qu’on souhaite faire et en ses capacités, quelle que soit la configuration du secteur d’activité dans lequel vous souhaitez naviguer », conclut Suzanne.


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