Comment a évolué notre rapport au télétravail ?
On décortique la dernière étude de la Dares, avec le spécialiste du management Gaël Chatelain-Berry

Il fut un temps, qui semble bien loin maintenant, où la propagation de la Covid-19 tenait dans une brève en fin de journal télévisé, et où le télétravail ne concernait qu’une poignée de Français : plus précisément 9 % des salariés en 2019. « Nous étions en retard par rapport à d’autres pays développés : avant la Covid, moins de 16% de nos entreprises disposaient d’accords de télétravail. Ça s’explique par un concept très français, qui est le présentéisme, c’est-à-dire l’idée que l’implication d’un salarié se mesure à l’aune de sa présence au bureau », décode l’auteur de livres sur le management (et ancien manager) Gaël Chatelain-Berry.
Apprentissage forcé
On connaît la suite : mars 2020, le terrible essor de la pandémie, suivi de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron annonçant le début du premier confinement. Un isolement forcé qui va se charger de rebattre les cartes du fameux présentéisme à la française, avec des millions de Français contraints de réinventer leur quotidien professionnel, en basculant massivement vers le télétravail. Ainsi dans une récente étude, la Dares révèle que pendant les confinements successifs, le nombre de salariés en télétravail passe d’un dixième à… 42 % !
L’étude se penche également sur l’attachement des Français au télétravail. On constate ainsi que le coup de foudre fut quasi immédiat : pendant la pandémie, 89% des télétravailleurs souhaitent continuer à télétravailler... Mais 52 % désirent le faire à une moindre fréquence.
« On a découvert le télétravail pendant le confinement, et pas n’importe lequel : pour beaucoup, c’était cinq jours sur cinq, ce qu’on appelle le télétravail intensif », reprend Gaël Chatelain-Berry. « D’un côté, les entreprises se sont rendu compte pendant la pandémie qu’on pouvait être aussi, voire plus, productifs en télétravail qu’en présentiel. De l’autre, les salariés ont réalisé qu’ils avaient tout de même besoin de voir leurs collègues de temps en temps et de garder un lien physique avec leur entreprise. »
Fin de la pandémie, et rééquilibrage
Trois confinements, d’innombrables semaines de couvre-feu et près de trois années plus tard, la France revient peu à peu à la normale… Et au bureau : en 2023, ce ne sont plus que 26 % des salariés qui disent télétravailler. Parmi eux, 92 % souhaitent continuer à le faire en 2023, mais pas en permanence : seuls 8% veulent rester chez eux cinq jours par semaine. Une grande majorité semble privilégier une formule hybride : environ deux tiers souhaitent télétravailler au moins deux jours par semaine.

« On assiste à un rééquilibrage, ce qui est normal car, pour moi, le 100% télétravail est aussi dramatique que le 100% présentiel », estime Gaël Chatelain-Berry. « Il faut trouver un équilibre entre les deux. Les accords de présentiels sont, je trouve, la solution la plus judicieuse : on impose tant de jours de présence au bureau par mois, et ensuite le salarié s’organise comme il veut. »
Des évolutions très différentes selon le secteur
Lors de la pandémie, si le travail à la maison a d’abord concerné presque tous les secteurs, il s’est davantage installé chez les cadres : c’est d’ailleurs la seule catégorie socio-professionnelle où la pratique n’a fait qu’augmenter depuis 2021 (+2 points). Partout ailleurs, le télétravail a connu un recul après les confinements : entre 2021 et 2023, la part de salariés le pratiquant au moins occasionnellement a reculé de 11 points. Malgré cette diminution, on peut tout de même constater que le télétravail a globalement augmenté dans tous les métiers par rapport à son niveau de 2019 (+17 points entre 2019 et 2023).

- X
Sur la même thématique
Préparez-vous à
décrocher votre job !
155 000
CV lus en moyenne chaque jour, soyez le prochain à être vu !
soyez visible auprès des recruteurs
905 937
offres en ce moment, on vous envoie celles qui collent ?
soyez alerté rapidement
Toutes les offres d’emploi
- Paris
- Lyon
- Toulouse
- Marseille
- Nantes
- Bordeaux
- Strasbourg
- Rennes
- Lille
- Montpellier
- Nice
- Aix-en-Provence
- Dijon
- Grenoble
- Reims
- Annecy
- Angers
- Metz
- Nanterre
- Tours
- Accueil
- Média de l'emploi
- Être bien au travail
- Comment a évolué notre rapport au télétravail ?
{{title}}
{{message}}
{{linkLabel}}