Espagne : l’anxiété des modérateurs de contenus devient une maladie professionnelle
Une décision de justice inédite !

Et si visionner des images ou des vidéos choquantes ou faire face à des insultes virulentes toute la journée, dans le cadre de son métier, entraînait des problèmes de santé mentale ? La justice espagnole a tranché : les modérateurs de contenu peuvent souffrir de troubles psychologiques en lien direct avec leurs missions de travail quotidiennes.
Le cas d’un salarié soumis à la modération de contenus extrêmement violents
Son métier hantait ses nuits. Employé depuis 2018 par une entreprise chargée de modérer les contenus pour les réseaux sociaux du groupe Meta (Facebook, Instagram), un jeune salarié de 26 ans souffrait d’une forte anxiété à cause de son travail. Les rapports médicaux évoquent des crises d’angoisse, des cauchemars, problèmes de sommeil et une peur panique. Ces nombreux troubles l’ont conduit à un arrêt de travail, huit mois après son embauche.
Au quotidien, ses principales missions étaient de surveiller les contenus non conformes aux règles de Facebook ou d’Instagram. Il consultait donc régulièrement des images ou des vidéos extrêmement violentes (torture, suicide) selon le compte-rendu du jugement.
La justice espagnole a estimé que l’état de santé du jeune salarié était directement lié à ses missions de modération de contenus et que l’entreprise était consciente des risques auxquels elle exposait ses salariés. Son état anxieux a donc été reconnu comme maladie professionnelle.
Cette décision de justice devrait faire jurisprudence pour d’autres modérateurs travaillant en Espagne et qui sont soumis aux mêmes conditions de travail.
Les conditions de travail des modérateurs de contenu déjà dénoncées
Les premiers travailleurs à s’être plaints de leurs missions quotidiennes sont kenyans. En effet, une entreprise située à Nairobi sous-traitait la modération de contenus pour Meta en Afrique subsaharienne. Un travail colossal et inhumain pour les employés, réunis désormais dans un collectif devenu le premier syndicat africain des modérateurs de contenus.
Ces salariés qui ont travaillé ou travaillent encore sur la modération de contenus réclament désormais une professionnalisation du métier avec une formation adéquate et des mesures de prévention des risques psychologiques.
Plusieurs ont d’ailleurs intenté une action en justice contre Meta en dénonçant la torture psychologique que représente la consultation de certains contenus, à l'heure actuelle.
D’autres collectifs de modérateurs commencent aussi à se former dans d’autres pays comme en Allemagne.
Pour l’instant, la société Meta se défend de ses poursuites, en renvoyant souvent la balle à ses entreprises de sous-traitance pour la gestion du bien-être de leurs salariés. Son fondateur Mark Zuckerberg n’a pas réagi récemment à ses accusations.
Il y a déjà quatre ans, aux Etats-Unis, Facebook a été condamné à verser plus de 50 millions de dollars à des milliers de modérateurs de contenus, en guise de reconnaissance de leurs souffrances au travail. Le problème semble donc perdurer malgré les condamnations…
Et si la solution venait de ChatGPT ? Son créateur, OpenAI a lancé un test pour modérer les contenus grâce à l'intelligence artificielle... tout en maintenant le travail des collaborateurs humains. Une façon peut-être de soulager les salariés qui pourraient déléguer la surveillance des contenus violents à des robots ?
Crédits photo : NDABCREATIVITY/stock.adobe.com
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