La charge mentale des salariés, c'est l'effet Zeigarnik
L'effet Zeigarnik est la charge mentale du salarié. Selon la psychologue russe qui lui a donné son nom, cela correspond au fait de se rappeler les taches inachevées et d'oublier celles déjà accomplies. Un phénomène qui peut vite plomber la motivation...

Vous ne décrochez jamais ? Le soir, le week-end, en vacances vous avez tendance à penser aux multiples projets en cours et à terminer ? C'est que vous subissez l'effet Zeigarnik.
Ce phénomène a été mis en évidence en 1927 par la psychologue Russe Bluma Zeigarnik. Elle a découvert, en observant des serveurs de café à Vienne, que l'on se souvient deux fois mieux d'une tâche inachevée que d'une tâche terminée. Selon la psychologue, cela "crée en nous une tension durable".
Interrogée par le Journal de Montréal, Isabelle Rouleau, professeur au département de psychologie de l'UQAM, explique que lorsqu'on "mène une action, on s'attend à ce qu'il y ait une conclusion. Si on est interrompu en plein milieu, l'action continue à rouler dans notre tête parce qu'elle n'est pas complétée, elle n'a pas changé de 'case'". Plus les personnes sont consciencieuses et veulent aller au bout de leur tâche, plus la tension est forte. Leur stress ne prendra fin qu'une fois la mission achevée.
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Les cadres sont probablement les plus touchés par l'effet Zeigarnik. Leur position les oblige, ou ils la vivent ainsi, à avoir une vue globale du travail de leurs collaborateurs. Ces derniers peuvent aussi se décharger et attendre de leur supérieur qu'ils règlent les problèmes à leur place. Et au final, les managers font face à encore davantage de tâches à accomplir, sans qu'ils en voient le bout...
Transformer l'effet Zeigarnik pour en faire une force
L'effet Zeigarnik a pour corollaire notre capacité cognitive à jongler avec plusieurs tâches à la fois : le fameux multitasking. Si les salariés sont capables de répondre à un mail en même temps qu'ils répondent au téléphone, à trop s'éparpiller entre différentes tâches, ils ont aussi l'impression de ne jamais réussir à en réaliser une convenablement... Un facteur de démotivation et là encore de stress.
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Alors comment éviter que l'effet Zeigarnik nuise, d'une part à la productivité des salariés et, d'autre part, à leur santé mentale ? Olivier Schmouker, qui anime le blog En tête, pense avoir trouvé la solution. Selon lui, il faudrait passer à la méthode Kanban - mise en place par le constructeur automobile Toyota - qui signifie en japonais, enseigne, panneau d'affichage. Sur les chaînes d'assemblage du groupe nippon, les ouvriers reçoivent une fiche cartonnée leur indiquant la tâche à exécuter et celles qu'ils leur restent à accomplir dans la journée. Tout est inscrit et chacun visualise, sans se surcharger l'esprit, ce qu'il doit faire.
Le kanban, ou méthode agile, est très facile à mettre en oeuvre. Il suffit pour cela d'un tableau ou d'un mur sur lequel vous affichez trois ou quatre colonnes : "Boîte à idées", "A faire", "En cours" et "Terminé". La "boîte à idées" n'est pas nécessaire. Pour rendre les choses plus lisibles, choisissez des couleurs différentes pour chaque colonne. Ensuite il suffit de déplacer les post-it d'une colonne à l'autre.
Au début, seule la colonne "A faire" est remplie. C'est normal. Commencez par prendre un, deux ou trois post-it, placez les dans la colonne "En cours" et quand vous avez terminé le travail correspondant, mettez-les dans la dernière colonne "Terminé". Pour les plus sceptiques, vous pouvez aussi créer un tableau virtuel avec des outils type Trello.
Qu'est-ce que la technique du tableau va changer pour vous ? Et bien la charge mentale apparaît tout simplement moindre : pour votre cerveau tout est clair, il sait précisément quelles tâches sont à accomplir, lesquelles sont terminées et surtout, à chaque fois, que vous placerez un post-it dans la case "Terminé", votre motivation repartira de plus belle ! Si en plus vous arrivez à déconnecter totalement du travail une fois chez vous, votre surcharge mentale devrait définitivement s'envoler...
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