La discrimination capillaire bientôt interdite en France ?
Un député vient de déposer un projet de loi afin d’empêcher qu’un job vous échappe à cause de vos cheveux.

Qu’elle soit d’une certaine forme, texture, longueur ou couleur, votre coiffure ne devrait jamais être un sujet d’exclusion ou de moqueries dans le milieu professionnel. Le député Olivier Serva (groupe Liot à l’Assemblée nationale) vient de déposer un projet de loi visant à sanctionner toute discrimination capillaire. Un sujet sur lequel la France n'a pas encore statué alors qu’une législation existe aux Etats-Unis.
Qu’est-ce qu’une discrimination capillaire dans le monde professionnel ?
Trop crépus, trop longs, trop gris ou trop blonds ? Les cheveux font parfois l’objet d’une discrimination non sanctionnée à ce jour dans le monde professionnel. Le code du Travail condamne tout type de discrimination mais ne porte pas précisément sur la coiffure. Pourtant, selon une étude, deux femmes noires sur trois prennent la décision de changer de coiffure avant de passer un entretien d’embauche. Et, les discriminations peuvent concerner aussi les hommes. Olivier Serva se souvient d’un steward qui s’était vu refuser de travailler à bord d’un avion en raison de ses tresses africaines nouées en chignon. Le souvenir de cette histoire a d’ailleurs été l’un des moteurs de son projet de loi.
De manière générale, toute coiffure qui ne rentre pas dans les normes sociales attendues peut faire l’objet de discrimination. C’est ainsi le cas des chevelures blondes ou rousses mais aussi des cheveux jugés trop longs pour un homme ou trop courts pour une femme. Récemment, la chanteuse Pomme s’est émue au Micro d’Europe 1 de la perte d’abonnés sur Instagram après s’être montrée avec sa nouvelle coupe : « Je pense qu’être une femme et avoir la tête rasée c’est un vrai sujet de société ! »
L’an dernier, une présentatrice de télévision canadienne était aussi victime de discrimination capillaire. Son tort ? Elle arborait sa chevelure grise à l’antenne, ce qui n’était pas du goût de ses employeurs. D’ailleurs, en France, combien de femmes n’osent pas laisser leurs cheveux au naturel de peur de paraître trop âgées dans leur milieu professionnel ?
Un projet de loi à portée symbolique pour reconnaître la discrimination raciale
Pour les détracteurs du projet de loi, la mention de discrimination existe déjà dans le code du Travail, avec plus d’une vingtaine de motifs stipulés dans l’article L1131-1. L’un d’entre eux précise qu’aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement en raison de son apparence physique. Le député Olivier Serva veut rajouter juste derrière une mention sur la coupe, la couleur, la longueur ou la texture des cheveux.
Un projet de loi avant tout symbolique pour faire avancer la reconnaissance de la discrimination raciale, car les cheveux crêpus peuvent encore être mal-perçus par certains employeurs, qu’ils soient portés en tresses ou au naturel. Pour Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice féministe et antiraciste, consultée par le député, il s’agit avant tout de « rendre visible un type de discrimination qui n’est pas considéré. »
Aux Etats-Unis, le Crown act adopté l’an dernier protège les salariés américains, de toute discrimination capillaire. 20 états américains l’ont signé. Cette loi interdit de refuser l’accès à l’emploi et à l’éducation en raison de la texture ou de la coiffure naturelle des cheveux. Ce texte fait essentiellement référence aux coupes « afro », tresses ou dreadlocks. Une avancée pour tous les travailleurs noirs américains qui peuvent porter leurs cheveux au naturel sans risquer d’être exclu d’un emploi.
Crédits photo : AnnaStills/stock.adobe.com
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