Critiquer son entreprise sur les réseaux sociaux, est-ce une faute grave ?
Où est la limite ?

S’exprimer sur les réseaux sociaux fait désormais partie de nos usages quotidiens et nombreux sont les salariés à être présents et actifs sur les différentes plateformes sociales. Rien de gênant à cela… mais qu’en est-il lorsqu’on en profite pour évoquer son entreprise dans des termes parfois peu flatteurs ?
Réseaux sociaux et liberté d’expression, ce qu’il faut savoir
Vous pouvez jouir de votre liberté d’expression dans l’entreprise et en dehors de celle-ci pour dire à peu près tout ce que vous souhaitez. Que vous soyez élogieux ou non ! Mais il existe néanmoins quelques limites à cette liberté lorsque vous évoquez votre entreprise, vos collègues ou un supérieur hiérarchique : vous en abusez si vos propos sont excessifs, injurieux ou diffamatoires. La limite est parfois fine et certains cas d’abus supposés peuvent ainsi finir devant la justice pour être tranchés par les juges, comme le cas de cette employée licenciée pour insolence à qui la justice a donné raison.
Sur les réseaux sociaux, les mêmes limites à votre liberté d’expression s’appliquent. A cette différence près qu’un réseau social peut être un espace privé ou espace public selon votre utilisation ! A priori, une conversation privée dans laquelle vous émettez des critiques acerbes (voire très limites) envers votre entreprise ou votre manager ne pourra pas vous être reprochée (tant qu’elle reste privée). C’est l’équivalent d’une conversation entre amis dans la vraie vie.
En revanche, c’est beaucoup moins clair lorsque vos propos peuvent être considérés comme publiques. Prenons le cas d’une publication injurieuse sur Facebook. Si elle n’est visible que par vos 12 amis, ce sera considéré comme relevant du privé. Si vos amis d’amis peuvent la voir et que vous en avez 300, ce sera considérée comme une injure publique ! Prenez donc bien garde à vos paramètres de confidentialité si l’envie vous prend de vous lâcher – dans l’idéal, évitez ce genre de trait d’humeur pour ne prendre aucun risque.
Le cas de la confidentialité
Dans les limites à la liberté d’expression, on retrouve aussi l’épineux cas de la confidentialité vis-à-vis des secrets internes et de la stratégie de l’entreprise. A ce sujet, la jurisprudence « petit bateau » du 30 septembre 2020 est particulièrement éclairante : Une chef de projet avait ainsi publié sur son compte privé Facebook une photo du défilé de la nouvelle collection auquel ne pouvait assister que des personnes triées sur le volet. Si son compte était bel et bien privé, parmi ses 200 amis virtuels se trouvaient des professionnels de la mode et d’autres salariés de son entreprise qui n’avaient pas pu assister au défilé. Or, la chef de projet avait signé une clause de confidentialité au moment de son embauche… Elle a donc été licencié pour faute grave, sanction validée ultérieurement par les juges.
Qu’est-ce qu’on risque ?
Dans le cas précèdent, la salariée a été licenciée pour faute grave car il a été estimé qu’elle avait contrevenu à l’une de ses clauses contractuelles.
Mais tout dépend finalement du contexte dans lequel vous dépassez les limites de votre liberté d’expression et de la portée de ce que vous avez pu dire. Vous pouvez ainsi écoper d’une simple sanction disciplinaire, être licencié pour cause réelle et sérieuse (motif personnel), faute grave (comportement contraire à vos obligations qui rend votre maintien à votre poste impossible) ou même une faute lourde si vous portez gravement préjudice à votre employeur avec volonté de nuire.
Alors, avant de publier un contenu qui fait référence à votre travail, réfléchissez-y à deux fois !
Crédits photo : metamorworks/stock.adobe.com
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