L'Espagne s'apprête à adopter un congé menstruel de trois à cinq jours
L’Espagne deviendrait le premier pays européen à adopter une telle mesure. En France, certaines entreprises ont déjà sauté le pas.

Une grande première en Europe
Présent dans le nouveau projet de loi sur l’avortement porté par la secrétaire d’état à l’Egalité Ángela Rodríguez, qui sera étudié ce mardi 17 mai en conseil des ministres, le volet sur le droit à la santé menstruelle fait grand bruit en Espagne.
Parmi les mesures phares, un congé menstruel de trois jours pour les femmes souffrant de règles douloureuses, valable un an et renouvelable chaque année sur présentation d’un justificatif médical. Selon El Pais, il pourrait même être porté à cinq jours pour les femmes ayant des règles invalidantes et souffrant de crampes sévères, nausées, vertiges et vomissements.
« Il est important de préciser ce que sont des règles douloureuses, nous ne parlons pas d'un léger malaise, mais de symptômes graves tels que diarrhée, maux de tête sévères, fièvre... » a tenu à rappeler Ángela Rodríguez. Selon la Société espagnole de gynécologie et d'obstétrique, environ un tiers des femmes qui ont leurs règles souffrent de ces douleurs sévères appelées dysménorrhée.
La mesure ne fait cependant pas l’unanimité au sein du gouvernement, certains ministres craignant qu’elle soit stigmatisante pour les femmes sur le marché du travail et aboutisse à décourager certains employeurs de les embaucher. Plusieurs versions du projet de loi sont donc encore en discussion, lequel prévoit également de réduire la TVA sur les produits d'hygiène féminine et de les rendre disponibles gratuitement dans les écoles.
Un dispositif déjà adopté par certaines entreprises en France
Le congé menstruel n’est pour l’instant en vigueur que dans une poignée de pays à travers le monde, dont le Japon (depuis 1947 !), Taiwan, l’Indonésie, la Corée du Sud ou la Zambie. En France, la question se fait de plus en plus présente : selon un sondage réalisé par 20 minutes, 68% des Françaises y sont favorables !
Certaines entreprises françaises n’ont donc pas attendu la loi pour mettre en place un tel dispositif. La première à avoir sauté le pas l’année dernière est une coopérative montpelliéraine appelée La Collective. Plus récemment, l’ébénisterie toulousaine Louis a elle aussi mis en place le congé menstruel « sans justificatif médical ni perte de salaire ».
Interrogé par Brut, Thomas, fondateur et dirigeant de Louis, met en avant les gains en termes de productivité pour l’entreprise et de bien-être au travail pour les employées.
« L’intérêt de cet outil, d’un point de vue économique, c’est qu’on va pouvoir prévoir le plus possible. Soit on compense avec du RH et on demande à une personne en plus de basculer sur le poste, soit tout simplement on diminue la charge de travail ce jour-là. L’idée c’est de réduire l’imprévu. Ce n’est pas une maladie ni un handicap. On cherche à créer une zone de confort. Dans la réalité, il y aura à peine 20% des journées qui seront réellement prises. Si vous êtes une femme et que vous avez malheureusement une première journée qui est difficile, vous savez que vous avez cet outil, vous savez que dans l’entreprise où vous êtes il y a une safe zone, que vous pouvez en parler, que ce n’est pas un tabou et que vous n’avez pas à vous cacher. Et juste ça, ça enlève de la charge mentale et ça vous permet d’être mieux au travail, de mieux bosser : automatiquement, la productivité sera au rendez-vous. »
Crédits photo : Bisual Photo/stock.adobe.com
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