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Évoluer dans sa vie pro

Anne Peymirat : « Il faut en finir avec le mythe de la carrière sans enfants »

Par Juliette Bergé • Publié le

L’article à lire pour éviter de culpabiliser quand on part chercher ses enfants à 17H30.

Anne Peymirat : « Il faut en finir avec le mythe de la carrière sans enfants »

Lorsqu’on devient parent tout en étant salarié, des contraintes nouvelles apparaissent : nuits courtes, rendez-vous médicaux, activités périscolaires ou encore problème de garde. Mener de front vie professionnelle et vie parentale se révèle alors un défi quotidien. Anne Peymirat, coach parental et ancienne consultante dans un cabinet de conseils, souhaite déculpabiliser tous les salariés, en les libérant de la double injonction d’être à la fois un excellent travailleur et le meilleur des parents. Elle déconstruit notamment le mythe de la carrière sans enfants, dans son livre intitulé Le syndrome du wonderparent (éditions Payot, 2023).

Un modèle sociétal intenable où chaque parent « bricole deux journées en une »

Aujourd’hui, 70% des femmes sont actives, alors qu’elles étaient 30% au début du XXème siècle. Ce qui nourrit la réflexion de notre experte : « Si les femmes ont déserté la sphère domestique et que les hommes travaillent toujours autant, qui prend le relais à la maison ? »

Pour elle, il existe un « impensé sociétal » flagrant qui est la source de l’épuisement de nombreux parents : « La désertion de la sphère domestique par les femmes n’a été nullement contrebalancée. Aujourd’hui, deux tiers des enfants vivent dans une famille où les deux parents sont en emploi et ce chiffre est en constante augmentation. Mais cette réalité est déniée collectivement : on fait croire aux parents qu’il est tout à fait naturel de mener de front la charge parentale et une carrière professionnelle exigeante », analyse Anne Peymirat.

Aussi, de nombreux parents s’efforcent de donner le change dans leur travail, par peur d’être jugés moins investis ou, pire, moins légitimes depuis qu’ils sont parents. « Chacun essaye donc de bricoler deux journées en une. » Cette situation crée un sentiment de culpabilité permanent et impose un choix cornélien entre son travail ou ses enfants.

Pour Anne Peymirat, « il y a une urgence sociétale sur ce sujet, on a un modèle de carrière sans enfants qui perdure, dans l’inconscient collectif, on pense qu’une personne sans enfants pourra mieux réussir. Mais il faut dépasser ce mythe ! »

Des évolutions positives dans certaines entreprises

La question de la prise en compte de la parentalité reste encore peu abordée au sein des entreprises. « C’est un non-sujet, certaines estiment que ce n’est du ressort de personne, on n’en parle pas, ce qui fait peser une vraie pression sur les parents. Ils se disent : ‘’puisque ce n’est pas un sujet, c’est que c’est moi qui me débrouille mal’’, et ça pousse toujours à faire plus et à prendre sur soi, ce qui conduit parfois à des burn-out ou des démissions parce qu’ils trouvent le rythme intenable », note Anne Peymirat.

Heureusement, certains employeurs commencent à aborder le sujet de la parentalité afin d’améliorer le quotidien de leurs collaborateurs. « Je félicite celles qui mettent le sujet sur la table, en organisant des conférences par exemple sur le handicap ou sur l’allaitement et qui prennent en compte tous les aspects de la parentalité. »

Dans son livre, l’experte cite notamment des initiatives concrètes qui peuvent être mises en place pour simplifier la vie des salariés parents. Par exemple : l’interdiction de réunions avant 9H30 et après 17H30, la mise en place d’évènements comme des semaines de la parentalité, des ateliers spécifiques après un retour de congé maternité ou paternité ou même simplement le fait de décider qu’il n’y ait pas de réunions le jour de la rentrée des classes.

« Je reste positive, je pense que le regard sur la parentalité va évoluer avec l’arrivée d’une nouvelle génération sur le marché du travail plus soucieuse de son équilibre vie pro/vie perso. En attendant, chacun, à son niveau peut exercer une influence pour sortir de la double injonction, que ce soit à l’échelon individuel comme au sein des organisations ! », conclut Anne Peymirat.

Crédits photo : oes/stock.adobe.com

 

 

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