Cadres : L'Apec tire la sonnette d'alarme sur les inégalités femme - homme
Une étude parue hier révèle que cette catégorie socioprofessionnelle est encore loin d'être égalitaire.

En mars dernier, l’INSEE révélait le classement des secteurs les plus touchés par les inégalités de salaire entre les hommes et les femmes, en tête duquel trônaient… les cadres, avec une différence de 15,7%, en faveur des hommes. Des inégalités toujours bien présentes dans cette catégorie socioprofessionnelle, à en croire une étude menée par l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) et parue hier.
Moins bien payées, même à poste égal
En 2024, les femmes cadres gagnent en moyenne 12% de moins que leurs homologues masculins, un chiffre qui a donc baissé depuis 2022 et ses 15%... Mais qui reste significatif : à titre d’exemple, pour un revenu mensuel brut de 4 000 euros touché par un cadre masculin, son homologue féminin touchera autour de 3 500 euros.

Si la tendance globale semble être en faveur de la réduction des écarts de rémunération, ce n’est pas le cas si l’on compare les salaires « à profil identique », et c’est même pire puisque l’écart de salaire stagne depuis la crise du Covid : en 2019, à responsabilités égales, les hommes cadres touchaient 7,1% de plus que les femmes, en 2024, cet écart de salaire n’a quasiment pas bougé (6,9%). Ce pourcentage varie également selon l’âge du / de la cadre : une collaboratrice de moins de 35 ans gagnera en moyenne 3% de moins qu’un collaborateur au même poste. Pour une cadre de de 55 ans ou plus, la différence est de 11%, en moyenne.
Des postes de direction toujours majoritairement masculins
Parmi les raisons de la différence globale de salaire, il y a, comme souvent, le fait que les hommes occupent davantage les postes à responsabilité (mieux payés, donc) que les femmes. Dans son étude, l’Apec distingue trois niveaux hiérarchiques : les cadres étant « responsables hiérarchiques », ceux animant « une équipe sans avoir une responsabilité hiérarchique » et les « experts n’ayant pas de responsabilité hiérarchique, ni d’animation d’équipe ».

En ce qui concerne les femmes, en 2024 elles sont réparties de façon presque égale dans chacune de ces trois catégories (respectivement 33%, 33% et 34%). Les hommes, eux, occupent à 46% des postes de « responsables hiérachiques ». Une femme cadre a donc environ 28% de chances en moins d'accéder à un poste à responsabilité, comparé à un homme. Pire encore : en 2022, l’INSEE rapportait que parmi les cadres de direction générale, on comptait seulement 21% de directrices.
Une prise de conscience encore insuffisante
Si le constat est plutôt clair, les services des ressources humaines des entreprises ne semblent pas avoir pris pleinement conscience du problème, selon l’Apec, surtout en ce qui concerne les plus petites d’entre elles. 19% de ces TPE (moins de 10 salariés) disent avoir sensibilisé leurs managers au devoir d’équité salariale. À la question « avez-vous connaissance d’inégalités d’accès entre femmes et hommes pour des postes de management et de direction ? », seules 2% ont répondu par l’affirmative.
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Parmi les ETI-GE (250 salariés et plus), seules 14% ont alloué un budget spécifique pour réduire les inégalités de rémunération entre hommes et femmes. L’étude a posé la même question sur les conditions d’accès entre femmes et hommes aux ressources humaines de ces grandes entreprises, qui ont répondu pour 87% d’entre elles par la négative. Toutefois, plus de la moitié de ces grandes entreprises disent avoir « mis en place des actions pour sensibiliser leurs recruteurs et/ou managers à la lutte contre le sexisme et les pratiques discriminatoires ».

L'équilibre travail-famille pénalise les femmes
Les statistiques révèlent un écart significatif entre les genres : 59% des femmes cadres éprouvent des difficultés à jongler entre leurs responsabilités professionnelles et familiales, contre 49% chez leurs homologues masculins. Ce déséquilibre est particulièrement marqué chez les mères de jeunes enfants et les femmes occupant des postes de direction. À l'origine de cette disparité, on trouve notamment une répartition inégale des responsabilités familiales.
Un exemple frappant que montre l’étude : dans les familles où les deux parents sont cadres, c'est presque toujours la mère qui doit s'absenter pour s'occuper d'un enfant malade. Cette situation a des répercussions plus importantes sur le bien-être psychologique des femmes cadres, avec 85% d'entre elles qui rapportent des effets négatifs sur leur santé mentale, comparé à 77% des hommes.
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