INTERVIEW. « L’IA générative n’est pas une vague, elle est là pour durer ! »
Samia Jnini, directrice globale de l’unité GenAI du groupe Atos, nous éclaire sur les avancées de l’IA générative et les opportunités d’emploi qui en découlent.

Lancé fin 2022, ChatGPT a marqué un virage dans l’histoire de l’intelligence artificielle. « Ce qui a changé, c’est la possibilité de converser avec l’IA comme avec un humain. Grâce aux chatbots, n’importe qui peut formuler des requêtes complexes en langage naturel », explique Samia Jnini, directrice globale de l’unité GenAI du groupe Atos.
Cette accessibilité soudaine a bouleversé les usages et entraîné de profondes mutations au sein des entreprises. Plus de deux ans après l’émergence de l’IA générative, l’heure est venue de dresser un premier état des lieux… et de s’intéresser aux opportunités d’emploi qu’offre cette technologie !
IA générative vs. IA prédictive : quelles différences ?
A moins d’avoir vécu dans une grotte ces dernières années, vous avez forcément entendu parler de l’IA générative. Mais savez-vous ce qu’elle englobe réellement ? « L’IA générative est une catégorie d’intelligence artificielle capable de générer du contenu original de manière complètement autonome », résume l’experte. Texte, image, son, vidéo, code informatique… « L’étendue des possibles est quasi illimitée », s’enthousiasme Samia.
L’IA générative doit cette polyvalence à des réseaux de neurones profonds, appelés Large Language Models (LLM). « On pourrait traduire ce terme par « modèles de langage de grande envergure ». Les LLM sont utilisés pour automatiser les tâches créatives, mais aussi pour améliorer la productivité et l’efficacité de certains process. C’est une technologie qui avance à grande vitesse. Il y a des nouveautés quasiment toutes les semaines ! »
La différence par rapport à l’IA traditionnelle ? « Cette dernière analyse des masses de données historiques pour en tirer des prédictions. Alors que l’IA générative, bien qu’entraînée elle aussi sur de grands corpus de données, génère un contenu complètement nouveau. »
« L’IA conversationnelle est l’usage le plus courant »
Les applications sont d’ores et déjà nombreuses en entreprise. « L’IA conversationnelle est l’usage le plus courant. Il existe notamment des chatbots avancés dédiés au service client. Ils sont capables de répondre aux questions des clients en temps réel et de personnaliser leurs réponses en fonction des informations dont ils disposent. » Parallèlement à ces solutions, l’émergence d’agents IA autonomes, capables de prendre des décisions proactives et d’interagir dans des environnements complexes, vient enrichir l’écosystème et offrir de nouvelles opportunités en termes d’automatisation et d’assistance intelligente.
L’IA générative est également très utilisée dans le marketing et la publicité, selon Samia. « Les équipes s’en servent pour générer des contenus ciblés ou des campagnes publicitaires basées sur le comportement des clients. »
Elle permet aussi d’accélérer la production et l’amélioration du code informatique. Même si c’est loin d’être son seul usage : « On s’en sert pour rédiger des spécifications, de la documentation liées à un produit. La gestion de la connaissance est devenue l’une des applications les plus matures de l’intelligence artificielle générative. »
Quels sont les métiers les plus recherchés en 2025 ?
« Chez Atos, nous sommes à la fois utilisateurs et créateurs de solutions basées sur l’IA générative », précise Samia. « Le groupe regroupe donc un large éventail d’expertises et de compétences sur tout le spectre de développement. »
Les opportunités sont en conséquence très variées. Atos recrute, entre autres, des développeurs (full stack, back-end, front-end), des data scientists « à même de bien comprendre les données pour développer les bons modèles », ainsi que des ingénieurs spécialisés en machine-learning (MLOps). « La partie qualité est aussi très importante, tout comme l’UX/UI pour développer des interfaces intuitives et adaptées aux usages. »
Les consultants en transformation digitale sont par ailleurs très recherchés pour « guider les équipes internes dans la compréhension des besoins puis l’intégration des nouvelles applications dans l’existant ». Samia relève un autre métier apparu avec l’IA générative : le prompt engineer. « Le prompt est l’énoncé fourni à l’IA générative. Il est essentiel de bien le formuler pour développer une application fiable. On a besoin de personnes qui comprennent des technologies telles que la Retrieval Augmented Generation (RAG), que l’on couple avec des LLM pour intégrer et comprendre la donnée propre à l’entreprise. »
L’importance de se former pour rester dans la course
Le secret pour rester à la pointe de l’innovation ? Ne jamais se reposer sur ses acquis ! « Nous avons développé des formations ouvertes à l’ensemble des collaborateurs pour les aider à tirer profit de cette techno. Elles visent aussi à leur faire comprendre les enjeux, notamment éthiques, de l’IA générative. »
Atos a même consacré un mois entier au sujet fin 2024. « Nous avons organisé plus de 40 sessions de formation et d’information, avec l’intervention d’une cinquantaine d’experts du groupe. Certains sujets étaient très génériques et ludiques, d’autres beaucoup plus techniques et ciblés. » Samia se souvient d’une session qui l’a particulièrement marquée : « L’un de nos collègues, qui est DJ durant son temps libre, nous a montré comment l’IA générative peut aider à créer de la musique. Sans que ce soit de la triche pour autant, car la technologie ne se substitue en aucun cas à l’humain ! »
A quoi doit-on s’attendre pour la suite ?
« L’IA est là pour durer, ce n’est pas une simple vague », assure Samia. Il suffit de regarder le nombre d’investissements en cours pour en avoir la preuve. L’accessibilité de l’IA générative a permis de propulser l’intelligence artificielle en général. Car il ne faut pas oublier qu’elle ne représente qu’un pan de cette technologie ! »
Une technologie qui pose de nombreux défis en termes de fiabilité, de sécurité et de confidentialité des données. « On doit continuer à travailler pour s’assurer de la précision et de la pertinence du contenu généré. Il nous faut aussi protéger les données sensibles et éviter les biais dans nos modèles. C’est d’ailleurs l’un des premiers sujets sur lequel on a travaillé chez Atos. Notre politique d’IA générative délimite les conditions d’usage pour tous les collaborateurs du groupe. Quel outil privilégier, quelles données partager… Le but est d’éviter qu’une information confidentielle fuite à cause d’une erreur humaine. »
La formation est un enjeu à ne pas négliger, selon Samia. « Internet est inondé d’informations autour de l’IA générative. Seule l’éducation permet de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises pratiques. Qu’on soit simple utilisateur ou contributeur actif, il est essentiel de se former pour en tirer le meilleur parti ! »



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